Au procès de l’assassinat de l’animateur Martinez Zogo, le colonel Otoulou a affirmé lors des audiences des 31 août et 1er septembre 2026 que l’ex-patron de la DGRE, Léopold Maxime Eko Eko, était au courant de l’opération criminelle. Une version fermement contestée par la défense.
Le procès de l’affaire Martinez Zogo continue de livrer ses révélations au tribunal militaire de Yaoundé. Lors des audiences des 31 août et 1er septembre 2026, le colonel Otoulou, principal enquêteur et commandant de la légion de gendarmerie du Centre au moment des faits, a affirmé que plusieurs indices impliquent Léopold Maxime Eko Eko, l’ancien patron de la DGRE.
Parmi les éléments clés soulevés par l’enquêteur figurent la déclaration de l’ex-chef des renseignements orientant les autorités vers l’homme d’affaires Amougou Belinga, l’absence totale d’enquête interne au sein du service après l’enlèvement, ainsi qu’un rapport d’expertise montrant qu’il n’a remis que trois téléphones sur dix. Pour la partie civile, incarnée par Me Calvin Job, ces indices convergent pour prouver qu’il était forcément au courant et n’a pas agi pour stopper le drame.
En face, les conseils de Maxime Eko Eko, à l’instar de Me Hosanna Ndjana Ndjana, balayent ces accusations en soutenant qu’aucune preuve formelle, hormis les déclarations fluctuantes de Justin Danwe, n’établit que leur client a ordonné l’acte. Par ailleurs, l’audience a été marquée par l’affectation du commissaire du gouvernement, le lieutenant-colonel Cerlin Belinga, nommé vice-président du tribunal militaire de Garoua.
Cette procédure judiciaire s’inscrit dans le prolongement de l’assassinat en janvier 2023 de l’animateur de l’émission « Embouteillages », un crime qui vaut à dix-sept accusés de comparaître depuis l’ouverture des débats sur le fond en septembre 2025. L’issue de ce procès reste l’un des dossiers les plus suivis de l’actualité judiciaire nationale.




