Réagissant sur RFI à la décision du CIRDI condamnant l’État du Cameroun à verser 78,5 millions d’euros à l’entreprise Piccini dans le cadre du complexe sportif d’Olembé, le Pr Cyrille Tollo, conseiller technique au ministère des Sports, fustige une sentence qu’il juge inéquitable et fondée sur des jugements de valeur, tout en réaffirmant la volonté de protéger les deniers publics.
« Cette sentence du CIRDI est une grande surprise pour le gouvernement et pour l’État du Cameroun. De prime abord, je veux vous dire que le gouvernement a contesté la compétence du CIRDI pour gérer ce problème, parce que pour nous, il s’agit d’un problème entre un prestataire de services lié à l’État par un contrat commercial dans lequel les parties ont des engagements, c’est-à-dire des droits et des devoirs […] Lorsqu’on regarde la sentence du CIRDI, on constate qu’ils ont mis à l’écart les préjudices subis par l’État du Cameroun dans le cadre de l’exécution de ce contrat, de ce chantier, notamment les retards de livraison. Et je vous rappelle que le chantier a été fermé pendant une année par Piccini, créant un retard considérable dans la livraison de ce chantier. Donc pour nous, cette sentence semble plus reposer sur des jugements de valeur que sur des arguments juridiques […] Le montant de la sentence ? Vous savez, il y a toujours des gens qui évoquent des montants fortuits, mais en réalité, même si l’État trouve toujours cela énorme et a décidé de contester, le CIRDI a demandé de verser un montant de 78,5 millions d’euros, soit un peu plus de 50 milliards, un montant loin des 280 milliards réclamés par Piccini. Mais il y a quand même une curiosité dans cette sentence car ce montant correspond exactement au reliquat du budget initial qui n’a pas été utilisé par le Cameroun et qui est toujours en Italie. Je vous rappelle que le coût initial du complexe sportif d’Olembe était de 163 milliards et que Piccini n’avait utilisé que 113 milliards avant la résiliation de son contrat en novembre 2019. On a l’impression qu’on veut nous faire payer à une entreprise étrangère des montants pour un travail qu’elle n’a pas effectué. L’État se doit de protéger les fonds publics et nous y tenons ».





