Le procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, en cours devant le Tribunal militaire de Yaoundé, cristallise toutes les attentions. Pour Me Claude Assira, avocat engagé dans ce dossier, le processus judiciaire doit impérativement aboutir à la manifestation de la vérité. Un impératif moral et juridique pour honorer la mémoire de la victime et éviter, dit-il, qu’elle ne « meure deux fois ».
L’exigence de vérité est le seul horizon qui vaille. Intervenant sur le plateau de l’émission Canal Presse sur Canal 2 International, Me Claude Assira a livré une analyse empreinte de gravité sur le déroulement du procès Martinez Zogo. Qualifiant le meurtre du journaliste d’acte d’une « bestialité » rare dans les annales criminelles, l’avocat a rappelé la responsabilité immense qui pèse désormais sur les épaules de la justice camerounaise.
Pour Me Assira, si le droit ne peut rendre la vie à la victime, il a pour mission première d’identifier les auteurs de ce crime « odieux » et d’établir les responsabilités avec précision. Dans ce dossier complexe où les intérêts s’entrechoquent, l’avocat appelle à la sérénité. Si la défense est dans son rôle en protégeant les intérêts de ses clients, il insiste sur le fait que la quête de la vérité doit demeurer l’objectif cardinal de toutes les parties prenantes.
Appel à la prudence et à la responsabilité
Face à la montée des tensions et des commentaires parfois passionnés sur la place publique, Me Claude Assira prône une grande prudence. Il exhorte les acteurs médiatiques et les observateurs à laisser les avocats et le tribunal accomplir leur travail. « Ceux qui peuvent aider, la présence des personnes, des journalistes, les comptes rendus qui sont faits et le travail des avocats en amont, doit pouvoir contribuer à ce que la vérité puisse être connue », a-t-il souligné.
Alors que les audiences se succèdent, cet appel à la retenue et au respect du cadre judiciaire rappelle que, par-delà les enjeux politiques ou les calculs de défense, la crédibilité de notre institution judiciaire se joue dans sa capacité à trancher sans ambiguïté. Le procès Martinez Zogo demeure, à ce titre, un test décisif pour l’État de droit au Cameroun : celui de ne laisser aucune zone d’ombre planer sur l’un des drames les plus marquants de notre histoire récente.





