Avec la disparition de Bassek Ba Kobhio, le Cameroun perd un monument du cinéma africain
Le réalisateur, producteur et promoteur culturel camerounais Bassek Ba Kobhio est décédé ce 12 mai 2026 à Yaoundé. Talentueux, appliqué et profondément engagé pour la cause du cinéma africain, il s’était imposé au fil des années comme l’un des cinéastes les plus influents d’Afrique francophone.
Né en janvier 1957 à Nindjé, dans la région du Littoral, il abandonne ses études en sciences humaines dans les années 1980 pour se consacrer au cinéma. Sa carrière prend véritablement son envol après son passage comme assistant sur le film « Chocolat » de Claire Denis, récompensé au Festival de Cannes.
En 1991, il marque les esprits avec « Sango Malo », œuvre devenue une référence du cinéma africain et récompensée au Festival du cinéma africain de Milan. Suivront ensuite « Le Grand Blanc de Lambaréné », « Le Maître des éléphants » et « Le Silence de la forêt », des productions qui ont contribué à faire rayonner le cinéma camerounais à l’international.
En 1997, il fonde le festival Écrans Noirs, devenu au fil du temps l’une des plus grandes vitrines du cinéma africain en Afrique centrale. Reconnu d’utilité publique en 2016, ce festival a permis à plusieurs générations d’acteurs, réalisateurs et techniciens africains de se faire connaître.
Écrivain et intellectuel engagé, Bassek Ba Kobhio était également l’auteur de plusieurs ouvrages et se distinguait souvent par ses prises de position critiques sur la situation sociopolitique du Cameroun.
Passionné par la transmission du savoir, il a aussi contribué à la formation de nombreux jeunes dans les métiers du cinéma et de l’audiovisuel. Avec sa disparition, le Cameroun perd un bâtisseur, un mentor et une figure majeure de la culture africaine contemporaine.





