Le « live » de trop : Quand la langue d’Issa Tchiroma fourche sur le sérail

Sous le feu des projecteurs d’un direct sur les réseaux sociaux, Issa Tchiroma Bakary a brisé un tabou sur les coulisses de sa fuite du Cameroun. En affirmant avoir été aidé par l’entourage de Paul Biya, l’opposant a court-circuité la version officielle d’une exfiltration héroïque par des loyalistes. Entre révélations fracassantes et stratégies de retour floues, cette sortie divise l’opinion et suscite l’interrogation des analystes politiques.

Le vernis de l’épopée vient de craquer. Alors que le récit officiel de l’exil d’Issa Tchiroma Bakary (ITB), président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), reposait jusqu’ici sur une évasion musclée facilitée par des « soldats loyalistes » depuis Garoua, une nouvelle version, beaucoup plus politique, a émergé ce dimanche lors d’un échange numérique.

Invité d’un « live » TikTok animé par l’ancien journaliste d’Équinoxe TV, Michel Ngatchou, celui qui continue de revendiquer sa victoire à la dernière élection présidentielle a lâché une bombe : sa sortie du territoire camerounais aurait bénéficié de complicités au plus haut sommet de l’État. « L’entourage du président Biya m’a aidé dans cette opération », a-t-il déclaré, avant que la connexion ne soit brutalement interrompue.

« Mal coaché, il a révélé l’indicible »

Pour Alex Gustave Azebaze, journaliste chevronné et observateur attentif de la scène politique, cette confession est une erreur stratégique majeure. Sur ses plateformes sociales, l’analyste n’a pas tardé à réagir à ce qu’il qualifie de dérapage incontrôlé. « Issa Tchiroma débloque-t-il ? », s’interroge-t-il d’emblée. Selon lui, le leader du FSNC a franchi une ligne rouge qui fragilise sa posture d’opposant radical.

« Ce que je retiens, c’est que mal coaché, ITB a révélé une chose dont il n’aurait jamais dû parler. C’est là la vraie affaire », tranche Azebaze. Le journaliste met également en doute la thèse d’une censure gouvernementale gambienne avancée par le modérateur pour expliquer la coupure du direct : « Vous y croyez, vous ? Moi, j’en doute. »

Un retour aux conditions floues

Au-delà de la logistique de son départ, Issa Tchiroma a profité de cette tribune pour évoquer son éventuel retour au pays, tout en restant évasif sur le calendrier. Pour lui, la balle est dans le camp de la rue. « Revenir au Cameroun n’est pas un choix, mais un impératif conditionné par la seule volonté populaire », a-t-il martelé durant l’entretien, ajoutant avec une pointe de mystère : « Quand les Camerounais seront prêts, je rentrerai. »

Cette rhétorique du « retour messianique » laisse pourtant sceptique une partie de la classe politique, d’autant que l’homme envoie, selon ses détracteurs, des signaux illisibles. Alex Gustave Azebaze avait d’ailleurs déjà souligné ces « messages contradictoires », pointant notamment du doigt la tentative de rapprochement entre le président du FSNC et les membres de la Brigade anti-sadinards (BAS).

Entre la recherche d’alliés radicaux à l’étranger et l’aveu de soutiens au sein du sérail de Yaoundé, Issa Tchiroma semble naviguer entre deux eaux, au risque de se noyer dans ses propres révélations.

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