Alors que l’absence prolongée de Paul Biya hors du Cameroun dépasse les cinquante jours, le débat sur la vacance du pouvoir s’intensifie. Pour l’avocat et acteur politique Christian Bomo Ntimbane, le Conseil constitutionnel dispose d’un levier juridique pour constater cette vacance : la démission par abandon de poste.
Le séjour privé du chef de l’État hors des frontières nationales continue de secouer la scène politique camerounaise. Entre silences institutionnels et interprétations juridiques divergentes, la polémique franchit un nouveau cap, replaçant au centre des discussions la solidité des mécanismes de régulation du pouvoir.
Plus de cinquante jours après son départ de la capitale, Paul Biya demeure absent de son poste de travail officiel, sans calendrier public de retour. Si le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, rejette fermement toute hypothèse d’ouverture d’une vacance à la tête de l’État, des juristes affûtent leurs arguments pour bousculer le statu quo.
Dans une tribune remarquée, Me Christian Bomo Ntimbane soutient que le Conseil constitutionnel peut juridiquement constater la vacance de la présidence pour cause de démission. Selon l’homme de droit, cette démission se matérialise par un « abandon de poste sans raison légitime », un principe transposable de la fonction publique ordinaire aux plus hautes fonctions de la République.
L’argumentaire repose sur la communication laconique du Cabinet civil qualifiant ce déplacement de « séjour privé », ce qui exclut d’office une mission professionnelle ou officielle. Faute de base légale justifiant une absence aussi prolongée du lieu de service officiel qu’est Yaoundé, l’avocat estime que le collège des sages peut acter cette rupture de fait. Pour lui, l’argument de la signature des décrets à distance perd également de sa crédibilité en l’absence d’un cadre officiel d’exercice des fonctions hors du territoire.
Entre les zones d’ombre de la Constitution sur l’empêchement définitif et le vide juridique entourant la durée des séjours privés présidentiels à l’étranger, ce débat met en lumière les limites textuelles du système institutionnel camerounais. Au-delà de la controverse politique, cette interpellation pose avec acuité la nécessité d’un réajustement normatif pour parer, à l’avenir, aux incertitudes liées à la continuité de l’État.






One Response
Parfois Me je ne vous comprend plus, ou alors vous voulez faire le buzz, croyez vous que notre cour constitutionnelle puisse faire ça?? Non non non du tout, n’y rêvez jamais svp