Cameroun : Issa Tchiroma accuse le régime Biya de « gangstérisme financier »

Depuis son exil en Gambie, Issa Tchiroma Bakary a brisé le silence ce lundi soir. Le président du FSNC, qui revendique toujours sa victoire à la présidentielle de 2025, a accusé le régime Biya d’avoir détourné 80 000 milliards de francs CFA en 46 ans. Une sortie virulente qui relance le débat sur la gestion des ressources publiques, tout en entretenant le flou sur son retour au pays.

C’est une bombe que le leader du FSNC a lancée depuis les rives de Banjul. Dans une adresse à la nation aux accents de réquisitoire, Issa Tchiroma Bakary n’a pas mâché ses mots. En s’appuyant sur des chiffres qu’il qualifie de preuves accablantes, il chiffre à 80 000 milliards de francs CFA le montant des détournements imputés au régime de Paul Biya sur ses 46 années au pouvoir.

Pour donner du poids à son accusation, l’opposant met en perspective ce montant face au budget cumulé de l’État sur la même période, évalué à environ 114 000 milliards de francs CFA. « Ce régime est un régime de bandits », a-t-il asséné, promettant des poursuites judiciaires exemplaires et l’incarcération des responsables une fois qu’il aura accédé à la magistrature suprême.

Rhétorique guerrière et incertitude sur le retour

Si le discours a galvanisé une partie de sa base, une interrogation demeure centrale pour les observateurs de la scène politique camerounaise : le retour effectif de l’opposant. Alors que ses proches avaient multiplié les indices sur une arrivée imminente, Issa Tchiroma a préféré maintenir le suspense.

Loin de confirmer une date précise, il a renvoyé la balle dans le camp des populations. Selon lui, c’est au peuple de « prendre ses responsabilités pour chasser les prévaricateurs ». Une position qui divise : ses partisans y voient un appel à la mobilisation populaire, tandis que ses détracteurs y perçoivent une posture devenue coutumière, celle d’un leader qui, pour l’heure, préfère diriger sa fronde depuis la sécurité de son exil gambien.

Cette nouvelle sortie médiatique, aussi spectaculaire soit-elle par ses chiffres, souligne le fossé qui continue de séparer l’opposition en exil des réalités politiques du terrain au Cameroun. Si le débat sur la moralisation de la vie publique reste une priorité nationale, la question de la présence physique des leaders politiques sur le territoire national s’impose, plus que jamais, comme le véritable test de leur influence réelle.

Le rideau tombe donc sur cette séquence médiatique, laissant les Camerounais face à une équation inchangée : des accusations graves, une promesse de rupture, mais un leader toujours invisible sur ses terres.

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