Le leader du FSNC, Issa Tchiroma Bakary, a exprimé sa gratitude au Pape Léon XIV après sa visite historique au Cameroun, tout en réaffirmant son statut de « président élu ». Il annonce un dialogue stratégique avec le Saint-Siège pour porter les aspirations de changement nées du scrutin d’octobre 2025. Parallèlement, l’ancien ministre dénonce une reprise de la répression gouvernementale dès le départ du Souverain Pontife.
L’après-visite papale prend une tournure résolument politique au Cameroun. Ce lundi 20 avril 2026, Issa Tchiroma Bakary a publié un communiqué aux accents de politique étrangère. Le président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) y salue la « posture hautement morale » de Sa Sainteté le Pape Léon XIV. Derrière les remerciements d’usage, le message est clair : l’opposition entend utiliser l’aura du Vatican comme levier face au pouvoir de Yaoundé.
Un « dialogue stratégique » pour l’alternance
Issa Tchiroma, qui conteste toujours les résultats de l’élection présidentielle d’octobre 2025, ne se contente plus de la scène nationale. Il revendique une collaboration directe avec les plus hautes autorités de l’Église catholique. Selon ses propres termes, un « dialogue stratégique sera poursuivi entre le Président Élu et le Saint-Siège ».
L’objectif affiché est de concrétiser les « aspirations de changement et d’alternance souveraine exprimées par le peuple camerounais ». En s’appuyant sur les discours de sagesse prononcés par Léon XIV lors de son séjour, Tchiroma tente de transformer une visite apostolique en un soutien implicite à sa cause. Pour lui, la parole papale est un rempart contre l’immobilisme.
Le retour de la « répression brutale »
Cependant, l’euphorie de la visite s’est vite heurtée à la réalité du terrain. Issa Tchiroma pointe du doigt une dégradation immédiate du climat social après le décollage de l’avion papal. Il fustige le comportement des autorités en place qu’il qualifie de « régime sortant ».
Le leader du FSNC rapporte des faits précis : « Le jour même du départ du Souverain Pontife, des chefs d’inculpation ont été notifiés à plusieurs activistes ». Il déplore que Yaoundé persiste dans une « voie de la répression brutale » contre ceux dont le seul crime est la « soif de justice ». Cette sortie sonne comme un avertissement à la communauté internationale. En liant le sort des militants arrêtés au départ du Pape, Issa Tchiroma veut démontrer que la trêve n’était qu’une façade diplomatique.
Le pays entre désormais dans une phase d’incertitude où la légitimité se joue autant dans les chancelleries qu’auprès des instances religieuses.





