Dans une analyse incisive, Jean-Robert Wafo, cadre du FCC, alerte sur les risques d’un vide constitutionnel au Cameroun. Selon lui, l’absence de nomination d’un vice-président expose le pays à une impasse institutionnelle majeure en cas de vacance au sommet de l’État.
Le débat sur l’architecture institutionnelle du Cameroun s’invite avec acuité au cœur de l’actualité politique. Pour Jean-Robert Wafo, l’absence persistante de nomination d’un vice-président fait peser une lourde menace sur la stabilité du pays. L’homme politique met en lumière une faille technique et juridique redoutable au sein des nouveaux textes régissant la République.
Un verrou juridique infranchissable
Au cœur de cette mise en garde se trouve l’article 38 de la nouvelle loi portant organisation et fonctionnement du Conseil constitutionnel. Selon l’analyse de l’opposant, cette disposition est formelle : le Conseil constitutionnel ne dispose d’aucune compétence pour s’auto-saisir.
En l’état actuel des textes, seuls le président de la République et le vice-président sont habilités à saisir l’institution pour constater une vacance au pouvoir. En cas de démission, le chef de l’État doit adresser sa lettre au vice-président et au Conseil constitutionnel. En cas de décès, cette saisine incombe exclusivement au vice-président.
Le spectre du « chaos total »
L’argumentaire de Jean-Robert Wafo insiste sur l’impossibilité juridique de recourir aux anciennes dispositions. La nouvelle loi ayant déjà été adoptée par le Parlement et promulguée par le chef de l’État, le principe de non-rétroactivité s’applique de plein droit.
Faute de vice-président en exercice pour enclencher la procédure légale, le mécanisme de transition se trouverait totalement paralysé. Une perspective qui conduit le cadre du FCC à prédire un « chaos total hautement prévisible » si la désignation de ce haut responsable tarde à se matérialiser.
À l’heure où les équilibres institutionnels requièrent une prévisibilité absolue, cette sonnette d’alarme remet au centre des priorités la sécurisation des mécanismes de succession à la tête de l’État. Reste à savoir si l’exécutif prendra la mesure de cette alerte avant que le vide juridique ne devienne une réalité politique.





