Après dix mois de blocage administratif, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun a obtenu le sésame pour sa convention extraordinaire du 17 octobre 2026. Une victoire aussitôt contestée par l’ex-militant Willy Mengue, dont l’offensive judiciaire est méthodiquement démontée par le conseil du parti, Me Sikati.
C’est un véritable tournant dans la vie organique du principal parti d’opposition. Après une longue période d’asphyxie administrative de près de dix mois, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) renoue enfin avec la légalité de ses réunions publiques. Le 28 septembre 2026, le sous-préfet de Yaoundé IV a en effet délivré le récépissé tant attendu, prenant acte de la déclaration déposée par Roger Justin Noah en vue de la tenue d’une convention extraordinaire, fixée au samedi 17 octobre prochain au siège du parti à Odza.
Mais en politique, le répit est souvent de courte durée. Moins de 24 heures après cette délivrance, une contre-offensive a atterri sur le bureau de l’autorité administrative. Willy Mengue, membre exclu du parti et farouche contestateur de cette sanction, a saisi le sous-préfet pour réclamer l’interdiction pure et simple de l’événement. S’appuyant sur un contentieux pendant devant la Cour d’appel du Centre après un premier verdict au tribunal d’Ekounou, l’ancien conseiller régional a brandi le spectre de troubles à l’ordre public pour tenter de faire plier l’administration.
Face à cette tentative de torpillage, la riposte juridique n’a pas tardé. À travers une sortie analytique remarquée, Maître Sikati, conseil du MRC, a volé en éclats les arguments du frondeur en articulant sa démonstration autour de trois piliers juridiques incontournables.
En premier lieu, l’avocat rappelle un principe fondamental de procédure : l’appel n’est pas suspensif. S’appuyant sur les articles 189 et 191 du Code de procédure civile et commerciale, il souligne que le recours introduit par M. Mengue ne paralyse en rien les effets de la décision antérieure, garantissant la pleine validité du récépissé délivré par l’État. En deuxième lieu, l’argument du défaut de qualité est brandi. Exclu des rangs du parti, Willy Mengue n’a plus juridiquement voix au chapitre pour s’immiscer dans la gestion interne du MRC. Enfin, Me Sikati insiste sur la force probante de l’acte administratif : le sous-préfet ayant instruit et validé le dossier conformément à la loi n°90/055 du 19 décembre 1990, revenir sur cette décision sur la base de simples allégations fragiliserait l’autorité administrative elle-même.
Au terme de ce bras de fer procédural, la direction intérimaire du parti affiche une sérénité inébranlable. Sauf imprévu majeur lié à l’ordre public, la grand-messe politique d’Odza se tiendra bel et bien à la date prévue. Un nouvel épisode qui illustre la complexité des batailles intestines qui agitent l’échiquier politique camerounais, où chaque ligne de démarcation administrative se mue en arène judiciaire.





