Can new look: L’analyse d’Oscar Djiki

Pour cet analyste, il est évident que la nouvelle formule de la Coupe d’Afrique des nations qui passé de 2 à 4 ans est de nature à ne plus crédibiliser cette grande compétition continentale qui selon lui« Sous Issa Hayatou, était un rendez-vous incontournable, un acte de souveraineté ».

Il fallait bien cela pour soulager les nerfs fragiles des clubs européens, exaspérés de devoir se séparer, l’espace d’1 mois, de ces joueurs africains qu’ils exploitent avec tant de constance et de gratitude silencieuse. Car enfin, comment tolérer que l’Afrique ose détourner les projecteurs, même brièvement, de la grand-messe européenne pour célébrer ses propres héros, sur ses propres terres, devant ses propres peuples ?

Il est vrai que pendant la CAN, les réseaux sociaux s’enflamment d’un enthousiasme suspect : les hashtags ne parlent plus de la Premier League, mais de la Guinée équatoriale ; les débats ne tournent plus autour du mercato hivernal, mais du duel Sénégal–Cameroun ; et les audiences de Canal+ Afrique, pourtant si docilement alignées sur les calendriers européens, se mettent à battre au rythme des stades de Bouaké ou de Garoua. Ce désordre devait cesser. Il fallait rendre à l’Europe ce qui, manifestement, lui appartient : l’attention, l’argent, et même l’imaginaire.

La CAF, dans un élan de lucidité admirable, a donc choisi de sacrifier sa compétition phare sur l’autel de la convenance occidentale. Elle a compris que l’Afrique ne saurait exister que par intermittence, à condition de ne pas déranger. Elle a compris que l’autonomie sportive est une lubie dangereuse, et que la meilleure manière de s’affirmer est encore de s’effacer. On ne saurait trop la remercier pour cette leçon de modestie géopolitique.

Et pendant ce temps, l’Euro et la Copa América, ces parangons de mesure et de retenue, envisagent de se tenir tous les 2 ans. Mais c’est bien connu : l’abondance est un privilège du Nord, la rareté une vertu du Sud. L’Afrique, elle, doit apprendre à se contenter de peu, à célébrer ses champions avec parcimonie, et à ne pas trop déranger les diffuseurs globaux avec ses ambitions locales.

Il fut un temps, pas si lointain, où la CAN incarnait une forme de résistance douce, une affirmation d’existence dans un monde qui ne prête l’oreille qu’aux puissants. Sous Issa HAYATOU, elle était un rendez-vous incontournable, un acte de souveraineté. Aujourd’hui, elle devient un événement optionnel, relégué à la périphérie du calendrier mondial. Ce n’est pas seulement une perte de visibilité : c’est une perte de sens.

En vérité, le combat pour la CAN n’est pas un caprice de calendrier. C’est un combat pour la dignité, pour la reconnaissance, pour l’indépendance culturelle. Et c’est un combat que l’Afrique ne peut pas se permettre de perdre.

QU’ILS AILLENT EN BROUSSE !

 

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