A la faveur d’un décret signé le 16 octobre 2026 par le président Paul Biya, le magistrat hors hiérarchie Rémy Nama a été nommé président du Conseil constitutionnel. Il succède ainsi à Clément Atangana, décédé le 4 octobre dernier. Discret mais expérimenté, ce haut fonctionnaire de 69 ans quitte les coulisses du Palais de l’Unité pour prendre les rênes d’une institution clé de la République.
Le président de la République Paul Biya a tranché. Par le décret n° 2026/334 du 16 octobre 2026, Rémy Nama prend les commandes du Conseil constitutionnel. Cette décision met fin aux spéculations qui entouraient la succession de Clément Atangana, décédé le 4 octobre dernier après avoir présidé l’institution dès son installation effective en 2018. Là où certains présageaient l’ascension de figures plus médiatiques ou de doyens de la maison à l’instar du professeur Adolphe Minkoa She ou de Paul Nchoji Nkwi, le chef de l’État a fait le choix d’un homme de l’ombre et du sérail.
Magistrat hors hiérarchie et pur produit de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), Rémy Nama affiche plus de quatre décennies de service public au compteur. Originaire d’Obala, dans le département de la Lékié, ce juriste né le 1er octobre 1957 s’est d’abord forgé sur le terrain judiciaire : substitut du procureur à Bertoua, juge au tribunal de Garoua, puis chef du service de l’exécution des peines au ministère de la Justice à Yaoundé. Une feuille de route complète qui lui donne une maîtrise rigoureuse du système judiciaire camerounais.
Pourtant, c’est au Palais de l’Unité que Rémy Nama a passé le plus clair de sa carrière. Pendant 32 ans, il a servi dans la discrétion des bureaux de la présidence de la République, occupant successivement les postes d’attaché puis de chargé de mission au Secrétariat général, notamment au sein de la division des affaires judiciaires. Cette longévité au cœur de l’appareil d’État explique sa relative notoriété auprès du grand public, en dépit d’une solide expertise institutionnelle.
En effectuant la transition de l’ombre des bureaux de la présidence à la pleine lumière du Conseil constitutionnel, le haut magistrat hérite de missions majeures : veiller à la constitutionnalité des lois, garantir le bon fonctionnement des institutions et veiller à la régularité et à la sincérité des scrutins électoraux.
À l’approche des échéances électorales déterminantes pour l’avenir du pays, les arbitrages et la fermeté du nouveau président seront particulièrement scrutés par la classe politique et la société civile. C’est désormais sur le terrain de la jurisprudence et du droit constitutionnel que Rémy Nama devra imprimer sa marque.





