L’histoire culturelle du Cameroun perd l’une de ses plus belles pages. Julienne Honorine Eyenga Fouda, sacrée « Miss Indépendance » en 1960, est décédée ce mardi 26 mai 2026 à Yaoundé à l’âge de 84 ans. Figure emblématique de l’élégance et témoin privilégié de la naissance de la nation, elle laisse derrière elle le souvenir d’une femme d’exception.
C’est une icône nationale qui tire sa révérence, emportant avec elle les parfums de liberté et d’effervescence des années 1960. Julienne Honorine Eyenga Fouda, que les Camerounais appelaient affectueusement Julienne Ayissi Ntsama, s’est éteinte dans la capitale politique, marquant de son empreinte indélébile la mémoire collective d’un pays dont elle a accompagné les premiers pas souverains.
Du sacre historique aux cimes d’Air Afrique
Son destin bascule en 1960. Alors que le Cameroun célèbre avec ferveur son accession à la souveraineté internationale, une jeune fille de 16 ans capte la lumière des projecteurs. Déjà détentrice de plusieurs couronnes locales, Julienne Honorine Eyenga Fouda remporte le concours hautement symbolique de « Miss Indépendance ». Elle devient alors le visage de la jeunesse, de l’ambition et de la beauté d’un Cameroun nouveau.
Loin de se cantonner à ce rôle éphémère de reine de beauté, elle embrasse une brillante carrière professionnelle. Elle devient l’une des premières hôtesses de l’air du pays, servant d’abord sous les couleurs de la prestigieuse compagnie panafricaine Air Afrique, puis au sein de la Cameroon Airlines (Camair). Parallèlement, sa passion pour la danse et le mannequinat consolide son statut de figure incontournable et respectée du paysage culturel national.
L’héritage d’une dynastie artistique
Julienne Ayissi Ntsama était également l’épouse de l’illustre boxeur Jean-Baptiste Ayissi Ntsama. Ensemble, ils ont bâti une famille profondément ancrée dans le sport, la mode et les arts. Parmi ses descendants figure notamment le styliste de renommée internationale Imane Ayissi, digne héritier de la grâce et du sens de l’esthétique de sa défunte mère.
Avec le décès de la première Miss Cameroun, c’est un pan entier de la mémoire républicaine qui s’assombrit. Au-delà des larmes, le Cameroun salue aujourd’hui le parcours pionnier d’une femme qui aura su porter haut, sur les podiums comme dans les airs, la dignité et l’élégance camerounaise.




