Droits humains : Yaoundé interpellé sur le sort des migrants expulsés des USA

L’ONG Mandela Center International accuse le gouvernement camerounais de silence complice dans l’affaire des transferts de migrants africains depuis les États-Unis. Trente-six personnes ont déjà été déportées vers le pays dans le cadre d’un accord opaque.

Le dossier des expulsions massives venues d’outre-Atlantique jette un pavé dans la mare de la diplomatie camerounaise, mettant en lumière des pratiques jusqu’ici tenues à l’écart des projecteurs.

Dans un communiqué publié le 7 septembre 2026, le Mandela Center International (MCI) tape du poing sur la table. L’organisation qualifie de « traite des êtres humains » l’accord liant Washington à Yaoundé. Selon Jean-Claude Fogno, secrétaire exécutif permanent du MCI, 36 ressortissants de neuf pays africains — notamment l’Angola, l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Maroc, la RDC, le Sénégal, la Sierra Leone et le Zimbabwe — ont été acheminés sur le sol camerounais à travers quatre vols distincts entre janvier et mai.

Privés de documents d’identité et d’un statut légal clair, ces migrants subissent de strictes restrictions de déplacement. Plus grave encore, l’ONG déplore le retour forcé de cinq d’entre eux vers leur pays d’origine, en dépit de risques avérés de persécution. Sont notamment citées deux femmes marocaines ainsi qu’un ressortissant sénégalais contraint au rapatriement en raison de représailles liées à son homosexualité. Face à ces manquements, le MCI exige le respect strict du principe de non-refoulement et la poursuite des procédures d’asile. L’organisation a par ailleurs saisi l’Union africaine afin qu’elle mette en place un mécanisme de suivi rigoureux et interdise aux États du continent d’accepter de tels flux migratoires en provenance d’autres régions.

Alors que d’autres nations africaines, du Liberia à la République démocratique du Congo, acceptent d’accueillir ces expulsés souvent en contrepartie d’un appui financier ou logistique américain, le mutisme persistant des autorités de Yaoundé interroge. Face aux interpellations répétées de la société civile, l’État du Cameroun est désormais sommé de clarifier sa position sur un partenariat qui engage sa responsabilité en matière de droits fondamentaux.

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