À Ebolowa, la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai 2026, n’a pas seulement donné lieu à des discours de principe. Elle a surtout été l’occasion d’un examen de conscience pour les professionnels des médias de la région du Sud, confrontés à des défis croissants dans la couverture de l’actualité politique.
À l’initiative de la section régionale du Syndicat National des Journalistes du Cameroun (SNJC), avec le soutien de l’honorable J.J. Zam, député à l’Assemblée Nationale, une trentaine de journalistes ont pris part à un atelier de renforcement des capacités. Au cœur des échanges : les exigences d’une couverture rigoureuse, équilibrée et professionnelle des événements politiques.
Cette session de formation intervient dans un contexte particulier. La récente élection à la présidence du Conseil régional du Sud (CRS) a en effet ravivé les critiques sur le positionnement de certains journalistes, accusés d’avoir franchi la ligne de la neutralité en affichant ouvertement leurs préférences. Une dérive qui interroge sur la maîtrise des fondamentaux du métier.
« Informer sans orienter, rapporter sans déformer » : tel est le cap rappelé par Ambroise Fogue, grand reporter à Canal 2 International et président régional du SNJC pour le Sud. Pour lui, la crédibilité du journaliste repose avant tout sur sa capacité à garantir une information fiable, équilibrée et utile au citoyen.
Les travaux ont été animés par plusieurs figures du paysage médiatique et institutionnel. Aimé Francis Amougou, chef d’agence à la SOPECAM, a mis l’accent sur les techniques de collecte et de traitement de l’information, tandis que Solange Beko’o Bevina, Déléguée Régionale de la Communication, est revenue en profondeur sur les règles d’éthique et de déontologie qui encadrent la profession.

Au-delà de la formation, la rencontre a également été marquée par la remise de cartes de membre à une dizaine de journalistes affiliés au SNJC, en présence de plusieurs personnalités, dont l’acteur politique Sam Sévérin Ango, venu partager son expérience des grandes séquences politiques et médiatiques.
Mais au-delà du cadre local, les indicateurs internationaux invitent à la prudence. D’après le dernier classement de Reporters Sans Frontières (RSF), le Cameroun recule, passant de la 131e à la 133e place en 2026 sur 180 pays. Un signal préoccupant qui rappelle que la consolidation de la liberté de la presse demeure un chantier permanent, indissociable du renforcement de la démocratie.




