Le directeur général de l’ESSTIC, François Marc Modzom, a suspendu la conférence universitaire de Samuel Eto’o au campus de Yaoundé. Justifiée officiellement par des motifs de sécurité et des vices de forme, cette interdiction est perçue par les analystes comme l’expression d’une subtile bataille d’influence entre réseaux rivaux au sommet de l’État.
L’annulation de la conférence de Samuel Eto’o à l’ESSTIC dépasse le cadre universitaire. Si le directeur général de l’établissement a fustigé la « légèreté » des organisateurs et pointé l’absence de dispositif sécuritaire face à l’affluence attendue, plusieurs observateurs y voient plutôt une décision politique, dictée par la crainte de voir le président de la Fecafoot capitaliser sur sa forte popularité auprès des étudiants.
Pour le journaliste Albin Michel Njilo, cet incident s’inscrit dans une guerre de réseaux feutrée au sein de la haute administration. Cette interdiction intervient en effet peu après l’inauguration du siège de la Fecafoot, où l’ancien capitaine des Lions Indomptables s’est affiché aux côtés du directeur adjoint du Cabinet civil de la Présidence, un allié clé dans son bras de fer avec le ministère des Sports.
En fermant les portes du campus au dirigeant sportif, la direction de l’école s’alignerait sur la position de la CRTV, réputée hostile à l’exécutif de la Fecafoot. Au-delà des clivages et des ambitions des différents clans de la capitale, cet arbitrage rappelle que dans le système politique camerounais, seul le chef de l’État, Paul Biya, conserve le contrôle absolu sur les équilibres du pouvoir.




