Face à des fuites d’épreuves avérées, la ministre des Enseignements secondaires, Nalova Lyonga, a officiellement décalé les examens du GCE, désormais prévus du 22 juin au 2 juillet 2026. Si l’intégrité de l’examen justifie cette mesure, la gestion chaotique de l’information par le ministère suscite une vive indignation au sein de l’opinion publique et des familles.
Le couperet est tombé. Initialement programmées du 8 au 18 juin, les épreuves restantes du GCE sont officiellement reportées. Lors d’un point de presse tenu ce lundi à Yaoundé, la ministre Nalova Lyonga a confirmé les soupçons qui circulaient depuis plusieurs jours : des fuites de sujets ont été interceptées. « Des preuves ont été remises à la police, et une enquête est ouverte », a assuré la ministre, justifiant ce report par la nécessité impérieuse de préserver la crédibilité de cet examen prestigieux.
Pourtant, c’est moins le report lui-même que la manière dont il a été communiqué qui cristallise les critiques. Alors qu’il s’agit d’un événement national touchant des milliers de candidats, le ministère a brillé par son silence sur ses canaux officiels. Ni site web, ni page Facebook dédiée n’ont relayé l’information en temps utile, laissant les familles dépendre de captures d’écran circulant sur les réseaux sociaux et de la page Facebook de Cameroon Tribune.
Le calvaire des familles
Ce flottement communicationnel a engendré une confusion généralisée sur toute l’étendue du territoire. Entre les candidats déboussolés en plein pic de révisions et les parents ayant déjà engagé des frais logistiques pour des examens finalement repoussés, la frustration est palpable. Pour beaucoup, cette gestion « à la sauvette » témoigne d’un manque de considération pour les usagers du service public.
Dans les milieux éducatifs, la pilule a du mal à passer. Si le report est perçu comme un mal nécessaire pour garantir l’équité, l’absence de réactivité des services du MINESEC est pointée du doigt comme une faute professionnelle. « Gérer un examen, c’est aussi savoir rassurer les familles », martèlent les observateurs, rappelant que l’information officielle est le premier rempart contre la panique.
L’épreuve de la crédibilité
À l’heure où les autorités tentent de redorer le blason du système éducatif national, cet incident vient fragiliser la confiance des citoyens envers leur ministère de tutelle. Au-delà de la traque des auteurs des fuites, c’est toute la stratégie de communication gouvernementale qui se retrouve sur le banc des accusés.
Le défi est désormais double pour Nalova Lyonga : réussir la tenue de cette session exceptionnelle du 22 juin au 2 juillet et, surtout, restaurer le lien de confiance rompu avec les parents et les élèves. Le prestige du GCE, symbole de l’excellence académique, dépendra autant de la sécurisation des épreuves que de la capacité du ministère à communiquer, enfin, avec la transparence que requiert une telle mission de service public.





