La grève annoncée dans le transport routier de marchandises pour le 24 août 2026 n’a finalement pas eu lieu. Après plusieurs heures de discussions, gouvernement et syndicats ont arrêté, dans la nuit du 23 au 24 août, 13 résolutions destinées à répondre aux principales revendications des transporteurs.
La menace de paralysie des corridors routiers est écartée. Réunis dimanche 23 août à partir de 13 heures, les représentants du gouvernement, des syndicats et des différents acteurs du secteur ont poursuivi leurs échanges jusqu’au-delà de minuit. Au terme de cette longue séance, le mot d’ordre de grève a été levé.
La rencontre était présidée par le ministre des Transports, Ernest Massena Ngalle Bibehe. Les ministres du Travail et de la Sécurité sociale et du Commerce y ont pris part, aux côtés des représentants des Finances, des Forêts et de la Faune, de la gendarmerie, de la police, du Conseil national des chargeurs du Cameroun et du Bureau de gestion du fret terrestre.
Moins de contrôles sur les corridors
L’une des principales mesures concerne les contrôles des marchandises en transit. Ils devront désormais être effectués exclusivement dans les quatre postes conventionnels du corridor Douala-N’Djamena et les trois postes conventionnels du corridor Douala-Bangui.
Autre décision : les équipes de prévention routière du ministère des Transports ne pourront plus percevoir d’amendes forfaitaires.
Les contrôles de gabarit devront, eux aussi, être effectués uniquement dans les stations de pesage où sont représentées les différentes administrations concernées. Les parties ont également retenu l’application de la suspension des pèses-essieux mobiles sur l’axe Édéa-Kribi.
Des textes à réexaminer
Le dialogue a également porté sur plusieurs textes qui suscitent des préoccupations chez les transporteurs.
La délivrance de la licence S6 est suspendue jusqu’à nouvel ordre. Un comité interministériel pourrait être mis en place aux Services du Premier ministre pour relire le décret du 10 octobre 2022 relatif au transport routier de marchandises pour compte propre.
Les préoccupations liées à l’application du décret du 16 juillet 2025 portant transformation du CNCC seront également soumises à un comité interministériel.
Le gouvernement prévoit par ailleurs de relancer, dans un délai de 24 heures, le processus relatif à l’extension de la convention collective nationale du secteur des transports routiers.
Les camions-citernes et l’état des routes
Les revendications concernent aussi le transport des produits pétroliers. Le ministre du Commerce a instruit la Société camerounaise des dépôts pétroliers d’appliquer l’arrêté du 13 février 2024 sur les procédures de chargement et de déchargement des camions-citernes.
Des dispositions ont également été prises pour mettre fin à la pesée des camions-citernes dans les stations de pesage.
Un cadre de concertation doit être créé entre la SCDP, les ports autonomes de Douala et de Kribi et les organisations syndicales de chauffeurs.
Les préoccupations liées aux tracasseries routières dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest devront également être prises en compte par les autorités administratives et les forces de maintien de l’ordre.
Enfin, une liste des principaux points critiques liés au mauvais état des routes doit être transmise aux pouvoirs publics afin de permettre leur réhabilitation.
Le dialogue a évité le blocage
Pour El Hadj Oumarou, coordonnateur général du Bureau de gestion du fret terrestre, la réduction du nombre de postes de contrôle constitue notamment un acquis important du dialogue. Il assure que les conducteurs ont été informés de la levée du mot d’ordre.
Le secteur des transports routiers de marchandises a donc échappé à une nouvelle épreuve de force. Mais la fin de la grève ne constitue qu’une première étape.
L’enjeu est désormais celui de l’application des résolutions arrêtées autour de la table. C’est sur le terrain, et non dans les salles de réunion, que les transporteurs pourront juger de leur portée.





