Lors d’une récente sortie, le spécialiste du 7ème art camerounais alerte les personnes qui veulent voir le candidat du RDPC Paul Biya rempiler, car pour lui il ne donne plus de garantie pour le futur.
« Paul Biya consume tous ceux qui se croient ses héritiers : biologiques, politiques, ethniques ou administratifs. Les uns ont fini en prison, les autres sont morts dans l’attente d’une succession promise et jamais réalisée, d’autres encore ont été usés jusqu’à l’épuisement en occupant indéfiniment les mêmes postes — ministres, directeurs généraux, prisonniers de fonctions figées depuis dix, vingt, trente ans. Tous ont été dévorés par Paul Biya, qu’ils croyaient pourtant servir
Un Président sans héritage ni héritiers
À vous, fonctionnaires membres du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), qui vous apprêtez à descendre dans l’arène de la campagne présidentielle du 12 octobre prochain pour défendre la candidature de Paul Biya, il faut rappeler une vérité essentielle : vous n’êtes pas les héritiers de Paul Biya. Paul Biya n’a pas d’héritiers. Paul Biya ne laisse pas d’héritage.
Contrairement à ce que vous croyez, si vous pensez que le décret présidentiel qui vous maintient en fonction constitue un legs politique, sachez qu’il ne s’agit que d’un héritage empoisonné. Car il n’y a rien à transmettre chez Paul Biya. Le Cameroun qu’il vous laisse est vidé de sa substance, et vous en devenez les comptables.
La campagne dans laquelle vous vous engagez vous place d’emblée dans une posture tragique : pour défendre un Paul Biya invisible — qui n’a jamais dit lui-même aux Camerounais qu’il était candidat — vous devrez tromper le peuple, mais surtout commencer par vous tromper vous-mêmes. Si vous pensez pouvoir continuer à vous cacher derrière la photo et le nom de Paul Biya, sachez que cette fois, il vous lâchera. Quand vous vous retournerez, ce seront vos visages et vos noms, en gros caractères, que le peuple retiendra. Vous serez démasqués.
Car Paul Biya consume tous ceux qui se croient ses héritiers : biologiques, politiques, ethniques ou administratifs. Les uns ont fini en prison, les autres sont morts dans l’attente d’une succession promise et jamais réalisée, d’autres encore ont été usés jusqu’à l’épuisement en occupant indéfiniment les mêmes postes — ministres, directeurs généraux, prisonniers de fonctions figées depuis dix, vingt, trente ans. Tous ont été dévorés par Paul Biya, qu’ils croyaient pourtant servir.
Voilà pourquoi il vous adresse ce « sourire de la Joconde » : un sourire énigmatique, fascinant, mais vide de sens. Biya ne lègue rien. Il n’offre qu’un mirage.
Cette absence d’héritage contraste avec Ahmadou Ahidjo. Celui-ci, au moins, avait laissé des héritiers : Biya président, Bello Bouba Maigari premier ministre, dans un système où le second succédait au premier. En ce sens, la candidature de Bello aujourd’hui ressemble à celle d’un frère réclamant une part d’héritage confisqué.
Voilà la vérité que chaque fonctionnaire engagé dans cette campagne du 12 octobre pour le RDPC devrait comprendre : en faisant campagne pour Paul Biya, vous n’aurez rien en héritage ».





