Le projet de liaison ferroviaire entre le Cameroun et le Tchad fait face à un premier blocage diplomatique. Alors que Yaoundé a officiellement validé un tracé reliant Ngaoundéré à N’Djamena via Garoua, Maroua et Kousseri, les autorités tchadiennes ont publiquement rejeté cette option, la jugeant non concertée et encore sujette à des arbitrages bilatéraux.
Le projet, porté par le Chef de l’État camerounais Paul Biya, semble se heurter à une divergence stratégique majeure. Pour N’Djamena, aucune décision définitive n’a été actée sur le parcours de ce chemin de fer transnational. Le ministère tchadien des Transports a tenu à clarifier la situation, précisant que si chaque pays a émis ses préférences, les options restent, à ce stade, techniquement ouvertes à la discussion.
Au-delà de la forme, ce désaccord révèle un enjeu économique profond. Là où Yaoundé mise sur un axe septentrional, le Tchad privilégierait un tracé passant par le sud de son territoire. L’objectif pour les autorités tchadiennes est clair : désenclaver leurs principales zones de production agricole afin de booster leur économie nationale. Une vision qui diffère sensiblement de l’itinéraire tracé par la partie camerounaise.
Pour sortir de cette impasse, les canaux institutionnels habituels semblent désormais insuffisants. Le dossier est désormais suspendu à un arbitrage politique de haut niveau entre le président Paul Biya et son homologue Mahamat Idriss Déby. Seule une concertation directe entre les deux chefs d’État permettra de trancher sur ce projet crucial pour l’intégration sous-régionale, garantissant ainsi un tracé qui serve les intérêts économiques partagés des deux nations voisines.




