Le Cameroun occupe la 133e place sur 161 pays dans l’Indice de prospérité 2026 du Legatum Institute. Une progression par rapport aux classements précédents, mais qui reste à relativiser. Malgré son poids économique en Afrique centrale, le pays demeure derrière le Gabon, classé 93e, notamment sur plusieurs indicateurs liés aux conditions de vie et au développement.
Le Cameroun progresse dans le classement mondial de la prospérité, mais le résultat est loin de traduire une transformation profonde de sa situation. Dans l’édition 2026 de l’Indice Legatum, le pays occupe le 133e rang sur 161 États évalués.
Le chiffre est meilleur que celui de 2023, lorsque le Cameroun figurait à la 147e place, et que celui de 2022, année où il avait atteint la 151e position. Mais cette remontée doit être examinée avec prudence.
Une progression à relativiser
L’Indice Legatum ne se limite pas à mesurer la richesse d’un pays. Il cherche à évaluer les conditions permettant aux populations de prospérer. Son analyse repose notamment sur trois grands domaines : le développement, la liberté et la société.
Ces domaines regroupent plusieurs critères, parmi lesquels la gouvernance, l’éducation, la santé, les conditions économiques et les libertés personnelles.
Sur cette période, la trajectoire camerounaise reste irrégulière. En 2013, le pays occupait déjà la 137e place mondiale. Il est ensuite descendu jusqu’au 151e rang en 2022, avant de remonter à la 147e place en 2023 puis à la 133e en 2026.
Cette évolution ne suffit donc pas à effacer une décennie de résultats relativement faibles.
Le Gabon creuse l’écart
Le classement met surtout en évidence le décalage entre le poids économique du Cameroun et sa position en matière de prospérité.
Avec une économie présentée comme la première de la CEMAC, le Cameroun demeure un acteur majeur de la région. Pourtant, le Gabon, dont le poids économique est nettement inférieur, occupe la 93e place du classement 2026.
L’écart entre les deux pays s’est ainsi accentué. En 2013, le Gabon était classé 118e, contre 137e pour le Cameroun, soit 19 places d’écart. En 2026, 40 positions séparent désormais les deux pays.
Cette situation souligne une réalité : le poids du PIB ne se traduit pas automatiquement par une amélioration équivalente des conditions de vie ou des institutions.
Un signal pour les politiques publiques
La remontée du Cameroun dans le classement constitue donc un indicateur positif, mais elle doit être interprétée avec précaution. Le changement du nombre de pays évalués et l’introduction d’une nouvelle méthode de calcul compliquent également les comparaisons directes avec certaines éditions précédentes.
Le classement 2026 rappelle surtout que la prospérité ne se résume pas à la croissance économique. Elle dépend aussi de la qualité des institutions, de l’accès aux services essentiels, des libertés et de la capacité de l’économie à améliorer concrètement le quotidien des populations.





