Au lendemain du retour de Paul Biya au Cameroun, après 74 jours passés à l’étranger, le député Jean Michel Nintcheu lui demande de démissionner de la présidence de la République. L’élu du Wouri invite le chef de l’État à suivre l’exemple d’Ahmadou Ahidjo, qui avait volontairement quitté le pouvoir en 1982.
Le retour de Paul Biya à Yaoundé ne met pas fin au débat sur son avenir politique. Au contraire, il relance les prises de position sur sa capacité à poursuivre l’exercice de ses fonctions à la tête de l’État.
Dans une publication sur Facebook, le député Jean Michel Nintcheu a appelé le président de la République à quitter le pouvoir. L’élu du Wouri estime que Paul Biya devrait s’inspirer de son prédécesseur, Ahmadou Ahidjo, et démissionner de ses fonctions.
L’exemple d’Ahidjo
Ahmadou Ahidjo, premier président du Cameroun indépendant, avait quitté volontairement le pouvoir en 1982, après 22 ans à la tête du pays. Son Premier ministre de l’époque, Paul Biya, lui avait alors succédé.
Jean Michel Nintcheu établit ainsi un parallèle entre les deux présidents. Paul Biya dirige aujourd’hui le Cameroun depuis près de 44 ans. Réélu en 2025 pour un huitième mandat, il pourrait rester au pouvoir jusqu’en 2032 s’il va au terme de celui-ci.
Une telle échéance porterait alors à plus de cinquante ans la durée de son exercice à la tête de l’État.
La question de la vacance présidentielle
La sortie du député intervient dans un contexte politique déjà marqué par des interrogations sur l’état de santé et les capacités du chef de l’État.
Avant son retour au Cameroun, Jean Michel Nintcheu avait déjà demandé au Parlement de saisir le Conseil constitutionnel au sujet d’une éventuelle vacance de la présidence de la République.
Cette démarche n’avait pas mis fin aux interrogations qui entourent la capacité de Paul Biya à exercer pleinement ses fonctions.
Le débat reste ouvert
Avec cette nouvelle demande de démission, Jean Michel Nintcheu remet donc la question de la gouvernance au sommet de l’État au centre du débat politique.
Le retour de Paul Biya, après 74 jours d’absence, avait suscité de nombreuses réactions. Sa réapparition publique lors de la réception des Lionnes indomptables, championnes d’Afrique, a depuis apporté de nouvelles images du chef de l’État.
La polémique politique, elle, demeure. Alors que Paul Biya entame son huitième mandat, ses adversaires continuent de questionner sa capacité à exercer la fonction présidentielle. La question relève désormais du débat politique, mais aussi des mécanismes constitutionnels prévus pour y répondre.





