Face aux blocages systémiques du pays, le Mouvement Kaïros, conduit par le Pr Olivier Bilé, dévoile un projet d’envergure pour une transition consensuelle. L’initiative mise sur une Table ronde inclusive — civile, militaire et diasporique — pilotée par un Collège des Doyens de la République, afin d’opérer des réformes structurelles majeures au Cameroun.
Le paysage politique camerounais s’anime autour d’une vision audacieuse de sortie de crise. Alors que les interrogations persistent sur l’avenir institutionnel de la nation, le Mouvement Kaïros vient de formaliser un appel pressant à la tenue d’une « Table ronde nationale inclusive, civile, militaire et diasporique ». Portée par le Professeur Olivier Bilé, cette initiative se veut un « sursaut historique » pour faire naître, selon la formule programmatique du mouvement, « d’un ordre actuel chaotique, un ordre nouveau de refondation ».
Au cœur de cette proposition se trouve une interrogation centrale : qui doit conduire pareille dynamique pour emporter la confiance générale ? Évitant les écueils partisans, le Mouvement Kaïros suggère de s’inspirer des sagesses traditionnelles et des modèles de transition réussis, à l’instar de la CODESA en Afrique du Sud. L’arbitrage et la modération seraient ainsi confiés à une autorité morale indépendante, baptisée le « Collège des Doyens de la République ». Cette instance, conçue pour garantir une impartialité absolue, rassemblerait des figures morales reconnues de probité irréprochable issues des différents secteurs sociaux.
Pour concrétiser cette ambition, le plan stratégique s’articule autour de cinq axes programmatiques précis. Le premier axe cible la refondation institutionnelle, prônant la neutralité de l’administration publique, la fin de l’hyper-présidentialism et l’indépendance de la justice. Le deuxième axe s’attaque à la délicate réarchitecture territoriale et à la résolution de la crise anglophone, à travers l’octroi d’une autonomie adaptée et le transfert de compétences locales.
Viennent ensuite la refonte intégrale du système électoral — préconisant un organe indépendant, le scrutin majoritaire à deux tours et la biométrie intégrale —, l’assainissement de l’espace politique et de la citoyenneté via la lutte contre le tribalisme, et enfin, la définition d’un mécanisme d’adoption de la transition, devant aboutir à un référendum constitutionnel et à un calendrier électoral non modifiable.
Ambitieux et minutieusement structuré, ce manifeste du Mouvement Kaïros pose les jalons d’un débat national de fond sur l’avenir du pays. Reste à observer l’accueil que réserveront la classe politique et les forces vives de la nation à cette feuille de route, dans un contexte où la quête d’un consensus durable demeure un impératif de premier plan.





