Reconnu coupable d’outrage au président de la République Paul Biya, le jeune Patrick Mengue a été condamné, le 27 avril 2026, par le tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif à six mois d’emprisonnement ferme. Une décision judiciaire qui suscite une vive polémique et l’indignation de sa défense.
Une simple publication sur les réseaux sociaux se solde par une lourde peine de prison. Le verdict est désormais tombé pour Patrick Mengue, fixé sur son sort judiciaire après plusieurs jours passés en détention préventive.
Les faits reprochés au jeune homme remontent au 11 avril 2026. À cette date, il avait partagé sur la toile la publication d’un lanceur d’alerte annonçant le décès de l’ancien président du Sénat, Marcel Niat Njifenji, en y ajoutant le commentaire suivant : « Seigneur tu te rapproches déjà de la cible encore un effort stp ». Interpellé quelques jours plus tard, il a été placé sous mandat de dépôt le 24 avril avant d’être jugé et condamné au terme d’une procédure expéditive.

Outre les six mois d’emprisonnement ferme qui le maintiennent en détention jusqu’au 24 octobre 2026, le tribunal a assorti sa décision d’une amende de 28 000 francs CFA, de 15 000 francs CFA de dépens, ainsi que de la confiscation de son téléphone portable.
Face à ce verdict, la réaction de la défense ne s’est pas fait attendre. Pour son conseil, Me Batam Nkolong, cette condamnation est totalement « absurde ». L’avocat soutient que son client n’a fait qu’exercer son droit à la liberté de culte, garanti par la Constitution, à travers une prière adressée à Dieu. Tout en regrettant ce qu’il qualifie de manque d’indépendance de la justice, il a annoncé son intention de porter l’affaire devant la Cour d’appel dans le délai légal.
Au-delà du cas individuel de Patrick Mengue, cette affaire illustre la ligne de crête délicate entre la liberté d’expression numérique et la répression des propos jugés irrévérencieux envers les plus hautes institutions de la République.





