Cameroun-Présidentielle 2018: Voici pourquoi le Rdpc a perdu dans le département de la Mifi

Secoué par querelles intestines, le parti au pouvoir est allé à cette élection en lambeaux.

Selon le Conseil Constitutionnel, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) a engrangé 29,95% des suffrages exprimés lors de l’élection présidentielle du 7 octobre dernier, dans le département de la Mifi. Déjà au fait de cette performance peu reluisante au terme des opérations de comptages des voix dans les bureaux de vote, les membres de campagne du candidat du Rdpc de la commission communale de Bafoussam 1er, s’étaient aussitôt réunis pour faire l’autopsie de cet échec.

Du rapport transmis deux jours après le scrutin au comité central de leur formation politique, émergent cinq causes principales. Est cité comme première cause, le piteux état dans lequel se trouve la voirie municipale de Bafoussam. Circuler dans la troisième métropole du Cameroun est tout, sauf une partie de plaisir. La commission communale de campagne du RDPC à Bafoussam 1er estime que l’entreprise Hysacam ait aussi joué contre le RDPC. Peu avant la campagne électorale, l’inconstance dans le ramassage des ordures avait irrité les populations qui étaient contraintes de partager leur quotidien avec des tas d’immondices et les odeurs nauséeuses. Camwater et Cde ne sont pas épargnées dans ce rapport. Ces entreprises chargées de la production et de la distribution de l’eau potable sont accusées d’avoir une part de responsabilité dans cette déculottée du parti au pouvoir dans la Mifi en général et à Bafoussam 1er, en particulier.

Leur tort est de n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour réduire au moins pendant la période électorale, l’impact des pénuries d’eau sur le quotidien des populations. Pendant toute cette période en effet, plusieurs quartiers de la capitale de la région de l’Ouest n’avaient pas d’eau potable. L’autre cause contenue dans le rapport du RDPC à Bafoussam 1er, ce sont les querelles intestines au sein de cette circonscription. Pendant la campagne électorale, des cadres habités par l’intention de se positionner pour les municipales et législatives à venir auraient plutôt mené des actions qui ont discrédité le RDPC aux yeux de nombre d’électeurs dans le but de ternir l’image des responsables locaux en poste. D’autres cadres comme Samuel Wembé récemment élu sénateur suppléant se sont plutôt montrés discrets. La dernière cause de cette déconvenue du RDPC à Bafoussam 1er, d’après le rapport sus évoqué, ce sont les autorités administratives. La commission communale de campagne du parti au pouvoir est revenue sur les rapports régulièrement tendus entre les responsables locaux du Rdpc et ces autorités. Le préfet de la Mifi est explicitement cité d’avoir empêché ces responsables de se rassurer du bon déroulement scrutin à travers le refus de leur octroyer des laissez-passer.

Un seul laissez-passer aurait été délivré à toute la commission communale de campagne du candidat Biya, à Bafoussam 1er. Par contre, les partis de l’opposition auraient eu ce document permettant de se déplacer partout dans le département de la Mifi, autant que sollicité.

Pascal Nguihe Kante et Sylvestre Ngouchinghe sauve le Rdpc d’un naufrage

Ces causes contenues dans ce rapport du Rdpc ne sont pas négligeables. Mais il y a bien d’autres qui auraient pu en faire partie. Notamment le manque de crédibilité des personnalités choisies pour conduire la campagne du candidat de ce parti. Hormis Pascal Nguihe Kante, secrétaire général adjoint des services du Premier Ministre ; et Sylvestre Ngouchinghe, opérateur économique, peu sont celles qui jouissent d’une notoriété auprès des populations. D’un côté, il y a les plus honnis, au rang desquels Emmanuel Nzété, délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Bafoussam ; et Daniel Ndefonkou, maire de la commune d’arrondissement de Bafoussam 3ème, par ailleurs président de la section Rdpc de Mifi-Nord. De l’autre côté il y a les méconnus comme Brusyl Metou, vice-recteur à l’université de Dschang, Chantal Choulo, déléguée départementale du Ministère des enseignements secondaires (Minesec) pour la Mifi. Aussi, le mouvement d’humeur observé à la commune de Bafoussam 1er par les jeunes recrutés pour l’opération « ville propre ». Ils exigeaient le paiement de leur dû.

Le fait d’impliquer les chefs traditionnels qui semblent de plus en plus préoccupés par l’intérêt personnel que de celui de la communauté, peut aussi être mis à l’actif des causes ayant fait perdre le RDPC dans la Mifi. Tout comme la propension à promouvoir dans davantage, les natifs d’une communauté ; les Bamougoum en l’occurrence. Le récent mouvement au Minesec avec la nomination des fils de cette communauté aux postes de proviseurs des principaux lycées de la ville de Bafoussam, avait suscité l’ire des autres.

A l’approche des municipales des législatives, le parti au pouvoir saura-t-il prendre les mesures nécessaires pour remonter la pente ? Cette question préoccupe les militants de ce parti.

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