Expulsion de France : Longue Longue en route vers le Cameroun

Figure emblématique de la musique camerounaise, Longue Longue vient d’être expulsé de France. Malgré les recours déposés par ses avocats, qui invoquaient des risques de menaces à son intégrité physique en cas de retour, l’auteur de « Ayo Africa » a été escorté vers Yaoundé après son passage par un centre de rétention administrative.

C’est le clap de fin d’un séjour sous haute tension. L’image, largement partagée sur les réseaux sociaux, est sans appel : Longue Longue, de son vrai nom Simon Longkana Agno, est escorté par deux policiers français en civil, en partance pour le Cameroun. Cette expulsion marque le point final d’une procédure administrative entamée le 27 mai dernier, date à laquelle l’artiste avait été interpellé à Strasbourg puis placé au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Geispolsheim sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF).

Un combat judiciaire infructueux

Face à cette mesure d’éloignement pour séjour irrégulier, la défense de l’artiste avait pourtant multiplié les recours en urgence. Les avocats de Longue Longue plaidaient pour l’obtention du droit d’asile, arguant que le retour forcé de leur client constituait un péril grave. Au cœur de leur argumentation : les séquelles et les risques liés à des épisodes de torture subis par l’artiste au Cameroun.

En octobre 2024, la diffusion virale d’une vidéo montrant des sévices infligés à l’artiste par des éléments de la sécurité militaire en 2019 avait provoqué un choc national. Ayant explicitement désigné des officiers supérieurs comme étant ses tortionnaires, le chanteur craignait que sa sécurité ne soit compromise une fois sur le sol camerounais.

Des zones d’ombre persistantes

Malgré la mobilisation de ses conseils et le rappel de ces faits traumatisants, la justice française a maintenu sa décision. Alors que l’avion transportant l’icône du Makossa se rapproche du Cameroun, ses proches et ses soutiens expriment désormais une vive anxiété. La question centrale, qui dépasse le simple cadre migratoire, reste celle de la sécurité de l’artiste dans un pays où il a ouvertement défié les puissants clans militaires. Entre accueil incertain et regain de tension, le retour au pays de « l’idole des sans-voix » s’annonce particulièrement scruté par l’opinion publique.

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