Akere Muna lance un appel solennel aux candidats de l’opposition : s’unir aujourd’hui pour sauver le pays et ne pas laisser l’ego fragmenter la lutte pour le changement.
Le candidat du parti UNIVERS fustige 43 ans de mauvaise gouvernance et met en garde : la division de l’opposition profite au régime de Paul Biya et scelle la défaite collective.
S’adressant en particulier aux deux candidats du Grand Nord, il exhorte les leaders et les citoyens à former un front consensuel et à faire du 12 octobre un verdict libérateur.
Lire le message d’Akere Muna aux candidats à l’élection présidentielle 2025:
Camerounaise, Camerounais, chers frères, sœurs, chères filles et fils de cette grande nation meurtrie, regardez autour de vous, regardez ces routes qui s’effritent sous nos pas, nos villes transformées en poubelles à ciel ouvert, ces hôpitaux devenus des mouroirs faute de plateaux techniques adéquats, regardez ces écoles qui ne garantissent plus l’avenir de nos enfants, regardez dans les yeux des chômeurs, des désespérés, des laissés-pour-compte, ceci n’est pas le Cameroun de nos rêves, c’est le Cameroun de 42 ans de décomposition, c’est le Cameroun d’un homme de 92 ans qui ne peut même pas prétendre à nous gouverner.
Dans 27 jours, nous ne ferons pas que déposer un bulletin dans l’urne, nous rendrons un verdict, nous répondrons à une question unique et monumentale, choisissons-nous de rester dans cet abîme ou décidons-nous enfin de nous hisser vers la lumière. Pendant quatre décennies, un seul homme a tenu le destin de plus de 30 millions de personnes dans son entraîne qui faiblit chaque jour un peu plus.
Un régime construit non pas sur les espoirs de son peuple mais sur les piliers de la corruption, de la mauvaise gouvernance et du désespoir de ses populations. Un régime si enraciné qu’il croit que l’État est sa propriété personnelle et les élections une simple formalité. Et maintenant, à la onzième heure, alors que cette opportunité a un or pour le changement s’offre à nous, que voyons-nous ? Une opposition divisée.
On se voit qui crie dans des directions différentes pendant que la forteresse du régime se moque. La plus grande tragédie n’est pas la force du certain mais en fait la fragmentation suicidaire de l’opposition. La volonté populaire de cette nation réclame à corps et à cri d’unité.
Elle se plie pour un candidat sinon unique, tout au moins consensuel. Elle implore un consensus, aussi minimal soit-il, un front uni pour abattre la montagne de l’injustice et de l’oppression. En réponse à cette clameur populaire, l’ego triomphe de la nation.
L’ambition personnelle triomphe du salut du peuple. La chance d’une vie est gaspillée sur la question de qui dirigera pendant que nous perdons tous. Aux deux fils du Grand Nord, honorables candidats, je m’adresse particulièrement à vous maintenant.
Le peuple vous regarde, il a applaudi votre courage lorsque vous avez tourné le dos au régime que vous avez autrefois servi. Il est prêt à passer outre votre passé au sein de ce même système de décadence dans l’intérêt sacré de la reconstruction nationale. Il vous offre le cadeau du pardon, un chèque en blanc tiré sur le compte de leurs espoirs.
Que faites-vous de ce cadeau ? Comment vous en montrer digne lorsque vous faites choix de l’ambition personnelle au détriment du devoir national ? Vous vous tenez divisé, fragmentant l’électorat du Grand Nord qui, pendant des décennies, a été le coussin de la victoire de ce régime. Vous êtes, à chaque jour qui passe, où vous restez séparés, en train de devenir les architectes de notre propre défaite, et pire, de la défaite de toute une nation. Les réseaux sociaux, qui devraient être notre outil de libération, sont plutôt un champ de bataille et de propagation de la haine.
Des influenceurs payés et non payés utilisent un langage violent et diffamatoire, ridiculisant les leaders politiques et les candidats, empoisonnant les puits de notre démocratie. Ceci n’est pas de l’opposition, c’est un cirque et le seul qui rit est l’homme du palais présidentiel. Cette élection est un référendum, un simple et laconique oui ou non.
Gardons-nous le titre du président le plus âgé et ayant le plus long règne au monde ? Enterrons-nous cette nouvelle année de paralysie ? Disons-nous à nos enfants que leur avenir ne vaut pas la peine qu’on se batte ? Le temps de la subtilité est révolu, le temps de demande polie est terminé. Aux deux candidats du Grand Nord et tous les autres candidats, l’histoire du Cameroun nous regarde. Notre héritage ne sera pas l’écrit d’un homme manifeste, pas même dans nos meetings.
Il sera écrit en un seul mot. L’histoire se souviendra-t-elle de nous ? Comme les hommes qui, dans notre heure la plus sombre, ont laissé l’orgueil nous condamner à plus d’obscurité ? Ou alors comme les patriotes qui se sont serrés la main, qui ont fusionné leurs forces et leurs moyens, qui ont créé une vague de changements qu’aucune tricherie ne pourrait arrêter ? Je vous appelle maintenant, non pas en tant que concurrent, mais en tant que compatriote. Rencontrons-nous, pas demain, aujourd’hui.
Formons cette équipe, créons cette dynamique, forçons les Camerounais à avoir le pouvoir incontestable d’un fond consolidé. La nation ne nous le demande pas, elle nous en supplie. Ne soyons pas les acteurs de notre échec.
Aux peuples camerounais, ne perdez pas d’espoir. Canalisez votre colère et votre frustration. Continuez à exiger l’unité de vos leaders. Dites-leur qu’un vote pour la division est un vote pour Paul Biya. Le pouvoir est encore entre vos mains. C’est votre vote, c’est votre décision et c’est votre avenir.
Le monde s’attend à ce que nous échouions. Le régime s’attend à ce que nous échouions. Il parie sur notre division. Montrons-leur qu’ils ont tort. Unissons-nous, battons-nous, gagnons. Le 12 octobre, ne faisons pas que voter. Enterrons une ère, réveillons une nation.





