Prorogation du mandat des élus : Maurice Kamto saisit le Conseil constitutionnel

Le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) conteste formellement la prorogation du mandat des conseillers municipaux élus en 2020. Dans une déclaration publiée ce 3 juin 2026, Maurice Kamto juge le décret présidentiel du 4 mai 2026 anticonstitutionnel, affirmant que les conseils municipaux ont expiré le 31 mai dernier. Une nouvelle bataille juridique s’ouvre au sommet de l’État.

Le paysage politique camerounais est en ébullition. Au lendemain de la date fatidique du 31 mai 2026, Maurice Kamto hausse le ton contre la décision du Président de la République de prolonger, jusqu’au 28 février 2027, le mandat des conseillers municipaux. Pour le leader du MRC, il n’y a pas d’ambiguïté : le pays est entré, depuis le 1er juin, dans une situation de « vacance légale » sur l’ensemble du territoire national.

Une offensive sur le terrain du droit

Maurice Kamto ne se limite pas à une simple protestation verbale. L’opposant a officiellement engagé un recours en retrait contre le décret querellé. Son objectif est clair : obtenir l’annulation de cette prorogation qu’il considère comme une violation flagrante des dispositions constitutionnelles et du cadre légal régissant les collectivités territoriales décentralisées.

Dans sa ligne de mire, la saisine prochaine du Conseil constitutionnel. Le président du MRC entend obtenir de la haute juridiction une clarification sur la régularité de cette mesure exceptionnelle. Il presse par ailleurs les exécutifs communaux à tirer toutes les conséquences juridiques de cette expiration, tout en exigeant du gouvernement la convocation immédiate du corps électoral pour de nouvelles consultations locales.

Un test pour le Conseil constitutionnel

Cette sortie marque une nouvelle étape dans les relations souvent conflictuelles entre le parti au pouvoir et l’opposition. En appelant à la cessation des activités des conseils municipaux, Maurice Kamto pose un acte politique fort qui place les institutions face à leurs responsabilités.

Alors que le débat sur le calendrier électoral s’intensifie à l’approche de 2027, la réponse du Conseil constitutionnel sera scrutée avec la plus grande attention. Il s’agira, pour les neuf sages, de trancher une querelle juridique qui pourrait durablement influencer le climat politique camerounais dans les mois à venir.

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