Quand Dieudonné Essomba répond à Djeukam Tchameni

Dieudonné Essomba répond à Djeukam Tchameni.

Monsieur Djeukam Tchameni, on vous a toujours demandé de bien lire et de bien comprendre la pensée d’un auteur avant de la critiquer, sinon vous allez intervenir à côté. Je vais donc vous répondre. Monsieur Djeukam Tchameni, on vous a toujours demandé de bien lire et de bien comprendre la pensée d’un auteur avant de la critiquer, sinon vous allez intervenir à côté. Je vais donc vous répondre.

Tout d’abord, qu’est-ce que l’Etat ? C’est d’abord son budget, car c’est le budget qui constitue ses moyens opérationnels. Quand vous dites l’Etat du Cameroun, vous ne dites rien d’autre que les 4.500 Milliards de son budget. Vous ne pouvez donc pas modifier l’organisation de l’Etat sans modifier la manière de gérer ce budget !

Mais là-dessus, je voudrais vous rappeler une chose fondamentale : au Cameroun, les multinationales contribue pour 85% des recettes fiscales, la fiscalité de porte (douane) et le pétrole fournissant le reste des recettes budgétaires. Les guichets de collecte qui sont regroupés à Yaoundé et Douala collectent 96% des ressources budgétaires. Il n’y a plus grand-chose dans les régions. Quel fédéralisme vous pouvez organiser sans l’adosser sur le budget collecté par l’Etat ?

Cela signifie automatiquement que la fédération du Cameroun ne peut pas fonctionner sur la base des collectes des ressources, mais sur la base des dépenses.

En second lieu, vous revenez en permanence sur cette histoire d’émancipation contre la colonisation. Peut-être avez-vous entendu parler de la « monnaie binaire » dont je suis le concepteur et qui est un mécanisme d’émancipation du Cameroun contre les puissances étrangères.

Car pour moi, je ne me focalise pas sur les liens avec la France. La France est une puissance coloniale, mais pas plus que la Chine et les autres. Et autant que le Cameroun est soumis a l’influence de la France, autant son industrie est étranglée par la pacotille chinoise. Sans compter le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC dont l’impact sur les orientations stratégiques du Cameroun sont infiniment plus importants que le rôle de la France dans notre économie.

Ma démarche d’émancipation du Cameroun s’inscrit ainsi dans une perspective plus globale qui vise à sortir le Cameroun non seulement de la dépendance monétaire, mais aussi de la dépendance financière, économique, technologique et idéologique.

Prenez la peine de comprendre la pensée avant de la réduire à des clichés.

Transcrit par Benjamin Zebaze

 

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