Sur le plateau de l’émission Canal Presse ce dimanche, l’analyste politique David Eboutou a exprimé ses réserves quant à une éventuelle nomination de Franck Biya au poste de Vice-président. Invoquant l’absence de preuves administratives et le climat de tensions entre factions au sein du sérail, l’analyste appelle le Chef de l’État à privilégier une figure consensuelle et expérimentée pour garantir la stabilité du pays.
Une énigme politique nommée Franck Biya
Le débat sur la succession à Etoudi prend une nouvelle tournure avec la perspective de la nomination d’un Vice-président de la République. Invité ce dimanche 3 mai 2026 sur les antennes de Canal 2 International, David Eboutou a jeté un pavé dans la mare en questionnant la pertinence de l’ascension de Franck Biya, fils du Chef de l’État, à ce poste stratégique. Pour l’analyste, le profil du futur dauphin constitutionnel doit répondre à des critères de visibilité et d’efficacité qui, selon lui, font défaut à l’intéressé.
« Je n’ai jamais vu Franck Biya, je ne sais même pas à quoi ressemble la tonalité de sa voix », a martelé David Eboutou, soulignant le caractère quasi mystique de cette personnalité qui n’aurait, à ce jour, aucune assise administrative formelle connue du grand public.
L’impératif de l’expérience et le piège des factions
Au-delà de la discrétion légendaire de Franck Biya, David Eboutou soulève deux enjeux majeurs. D’abord, celui de la compétence avérée : « Les Camerounais veulent au moins quelqu’un qui a fait ses preuves quelque part », a-t-il précisé, fustigeant le flou entourant le rôle de conseiller spécial souvent attribué au fils du Président sans décret officiel.
Ensuite, l’analyste pointe le risque sécuritaire et politique pour l’intéressé lui-même. Dans un contexte de « bagarre de factions » pour le contrôle de l’appareil d’État, propulser Franck Biya au devant de la scène reviendrait, selon lui, à le « sacrifier sur l’autel de ces batailles ». Une analyse qui suggère que le moment choisi serait, au mieux inopportun, au pire périlleux pour la cohésion nationale.
Vers une figure jeune et consensuelle ?
En guise d’alternative, David Eboutou invite Paul Biya à explorer une fourchette générationnelle allant de 35 à 65 ans pour dénicher un homme d’État capable de faire consensus. Citant l’exemple d’Ibrahim Traoré au Burkina Faso pour illustrer l’audace de la jeunesse au pouvoir, il exhorte le locataire d’Etoudi à sortir des sentiers battus de la transmission dynastique.
La chute de son argumentaire sonne comme un plaidoyer pour l’héritage politique du Président : si la volonté est de laisser un « pays debout », le choix devra porter sur une figure connue, reconnue et capable de transcender les clivages. En attendant le décret présidentiel, le débat reste ouvert et la pression monte sur le choix du futur numéro deux de l’État.




