Emilien Atangana : « Le 20 mai ne doit pas être au rabais parce que le Président est fatigué »

Emilien Atangana devant Paul Biya

À l’approche de la 54ème Fête de l’Unité, le président du Front des Démocrates Camerounais (FDC) brise un tabou : la capacité physique du chef de l’État à présider la parade nationale. Face à un défilé devenu « restrictif » et « exclusif » au Boulevard du 20 mai, Denis Emilien Atangana appelle Paul Biya à activer d’urgence le nouveau poste de Vice-président pour redonner à l’événement sa splendeur et son inclusivité.

Dans cette tribune parvenue à la rédaction de 237ACTU.COM, le conseiller municipal Denis Emilien Atangana analyse les conséquences de la fragilité physique du Chef de l’État sur la symbolique républicaine et plaide pour une application immédiate de la récente révision constitutionnelle du 14 avril 2026.

« FÊTE DE L’UNITÉ 2026: L’URGENCE DE LA NOMINATION DU VICE-PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Au moment où le Cameroun tout entier s’apprête à célébrer la 54ème édition de la Fête de l’Unité, beaucoup de nos concitoyens sont en droit de se poser la question de savoir si le Président de la République Paul Biya a encore des capacités physiques lui permettant de présider cette grande cérémonie au Boulevard du 20 mai de Yaoundé comme l’exige la tradition et les usages. Le récent voyage du Souverain Pontife, le Pape Léon XIV en Afrique et au Cameroun en particulier a laissé transparaître l’image d’un Chef de l’État épuisé et affaibli. État physique compréhensible à son âge très avancé. Il est objectivement difficile qu’il en soit autrement.

En raison de son âge et des limites naturelles, il y a des choses que le Président Paul BIYA ne peut plus faire, quelle que soit toute sa volonté et les efforts de son Protocole d’État. C’est pour cela que depuis quelques années, le défilé du 20 mai a été taillé à la mesure des capacités du président Biya à « tenir debout », aussi bien pour la grande Parade du Boulevard du 20 Mai que pour le Grand Dîner du Palais de l’Unité au cours duquel la crème de la Nation et du Corps diplomatique communie avec le Chef de l’État. Plusieurs restrictions observables ont été imposées à cause des limites physiques du Président de la République. Ce qui a par conséquent réduit toute l’importance, la majesté, la symbolique et la solennité de ce Grand Événement national, non seulement à Yaoundé la Capitale, mais aussi dans le reste du pays.

Tous ceux et celles qui souhaitent exprimer leur fidélité à la nation et leur patriotisme n’arrivent malheureusement plus à le faire du fond du cœur. Même prendre part à la parade du défilé est devenu très difficile pour diverses composantes de la nation. Par exemple, les carrés des partis politiques représentés au parlement ont été drastiquement réduits. les partis politiques non représentés au parlement sont purement et simplement exclus du défilé, comme des Parias alors qu’ils sont sensés concourir à l’expression du suffrage universel qui permet d’accéder à la fonction suprême de Président de la République. Les universités, les établissements scolaires, les entreprises publiques et privées sont systématiquement exclus de la Grande Parade parce que le Président ne peut plus tenir longtemps débout.

Le 20 mai 2026, doit-il être aussi drastiquement limitatif et exclusif ? Au FDC, nous disons Non. Une fête nationale mérite d’être inclusive. Tous les citoyens doivent se sentir concernés et vibrer au rythme de la célébration de la fête de l’unité nationale. La fête de l’unité nationale ne doit pas être organisée au rabais parce que le Président de la République est épuisé et affaibli. Pour cette édition, le FDC plaide pour un fête populaire et inclusive, telle qu’on la connaissait et la célébrait par le passé.

Le Parlement camerounais à travers un congrès a adopté, le 4 avril 2026, une révision constitutionnelle qui réintroduit le poste de Vice-président de la République. Le Président Paul Biya a promulgué cette loi le 14 avril 2026. C’est dire que le Président de la République désormais dispose des prérogatives constitutionnelles pour nommer en toute liberté et discrétion le Vice-président de la République.

L’introduction du poste de vice-président étant désormais actée et s’imposant donc à tous et toutes. Mais pourquoi le Président Biya n’use donc pas de cette prérogative que lui confère la Constitution pour se faire assister par un Vice-Président plus vigoureux lors de cette édition 2026 de la Célébration de la Fête de l’Unité au Cameroun ?

Personne n’a obligé le Président de la République à faire adopter et de promulguer cette nouvelle constitution qui institue ce poste de Vice-président qui a fait couler beaucoup d’ancres. Il faudrait donc rapidement passer à l’acte de sa désignation par qui de droit pour que cette disposition ne reste pas lettre morte, comme certaines d’ailleurs. Nous sommes persuadés aujourd’hui que la nomination du Vice-président relève désormais d’une extrême urgence… y compris notamment pour assister le Chef de l’État dont la présence commence à faire problème à notre Fête de l’Unité. Nul besoin de rappeler que cette Présence Solennelle et Effective est encore plus capitale en ce moment où le Cameroun est fortement fragilisé sur ses fondements et sa fondation par des crises sécuritaires persistantes dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de L’Extrême-Nord, et secousses et vibrations des divisions d’origine tribale et communautaires jamais connues avant. C’est très préoccupant.

Notre conviction est que la parade du 20 mai 2026 mérite d’être présidée par le Vice-Président plus Vigoureux afin de redonner à cette célébration toute la symbolique et l’impact qui donnent sens, réalité à l’idée et au projet d’Unité Nationale et du réel vivre-ensemble. Cela permettra à chacun de vivre et d’être concerné par ce moment clé de notre vivre ensemble. Personne ne mérite d’être exclu de cette parade du 20 mai peu importe où il se trouve.

Nous gardons la conviction que le Vice-président urgemment nommé saura donner une grande image, un autre sens, une splendeur ,une hauteur, bref redonner envie aux Camerounais de vivre et vibrer au rythme de cette unique journée nationale. C’est d’ailleurs le plus grand jour pour permettre aux camerounais de communier avec leur Président même fatigué, et leur Vice-président qu’ils s’impatientent à découvrir.
Il y a vraiment urgence. C’est même une Urgence nationale en ce moment critique de la Vie de notre Nation.

Denis Emilien Atangana
Conseiller municipal
Président National du FDC »

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