Le Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) multiplie les annonces sur un retour prochain de son leader, Issa Tchiroma Bakary. En exil en Gambie depuis les tensions post-électorales de 2025, l’opposant, qui conteste toujours la réélection de Paul Biya, se prépare, selon ses proches, à une séquence politique décisive pour « reprendre le pouvoir ».
La tension monte d’un cran dans les rangs de l’opposition camerounaise. Plusieurs mois après le départ précipité d’Issa Tchiroma Bakary vers la Gambie, son parti, le FSNC, brise le silence. Dans une déclaration relayée ces derniers jours, le responsable Joseph Espoir Biyong a affirmé que le retour du président du parti sur le sol national est désormais imminent, fixé d’ici la fin du mois de juin ou au début du mois de juillet.
Loin d’une arrivée discrète, le FSNC insiste sur le caractère solennel et public de ce retour. Pour les partisans de l’ancien ministre, « tout est désormais réuni » pour que celui qu’ils considèrent comme le véritable vainqueur de la présidentielle du 12 octobre 2025 revienne réclamer ce qu’ils qualifient de légitimité populaire. Joseph Espoir Biyong n’a d’ailleurs pas hésité à employer des termes forts, évoquant une volonté de mettre fin à ce qu’il appelle le « mensonge et la manipulation d’État ».
Cette annonce intervient dans un contexte politique particulièrement chargé. Depuis la proclamation officielle de la victoire de Paul Biya pour un huitième mandat, les relations entre le pouvoir en place et Issa Tchiroma Bakary n’ont cessé de se dégrader. Encore récemment, mi-juin 2026, l’opposant a franchi une nouvelle étape en déposant des plaintes en France contre le chef de l’État camerounais et plusieurs hauts responsables, dénonçant la répression sanglante ayant suivi le scrutin de l’an dernier.
Si le retour de l’ancien ministre venait à se confirmer, il marquerait un tournant inédit dans une crise post-électorale qui, bien que silencieuse dans les rues, continue de se jouer sur les terrains juridiques et diplomatiques. Reste à savoir quelle sera la réaction des autorités de Yaoundé face à ce défi frontal, alors que le climat politique national demeure sous haute surveillance.




