Quatre jours après son limogeage de la Primature, Ousmane Sonko opère un retour spectaculaire au sommet de l’État. Unique candidat en lice, le leader du Pastef a été élu ce mardi président de l’Assemblée nationale par 132 voix sur 133 exprimées. Une élection stratégique qui installe une configuration politique inédite à Dakar.
À Dakar, le coup de théâtre est total. Évincé du gouvernement le 22 mai dernier par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko s’empare immédiatement du pouvoir législatif. Il succède à son allié Malick Ndiaye, qui a démissionné quarante-huit heures plus tôt au nom de « l’intérêt supérieur de la nation » pour lui céder le perchoir.
Le scrutin s’est toutefois déroulé dans un climat de vive tension parlementaire. Si Ousmane Sonko a fait le plein des voix au sein de sa majorité, une trentaine de députés de l’opposition a boycotté la séance, contestant la légalité du retour de l’ancien Premier ministre au sein de l’hémicycle et dénonçant une manœuvre institutionnelle.
Cette élection consacre le remaniement profond de l’exécutif sénégalais, marqué la veille par la nomination d’Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô à la tête du gouvernement. Désormais installé à la deuxième fonction de l’État, Ousmane Sonko dispose d’un puissant levier politique face à la présidence, ouvrant une ère de cohabitation inédite pour le Sénégal.




