Le gouvernement équato-guinéen a remis collectivement sa démission, le 16 juin 2026, au président Obiang Nguema Mbasogo. Pointé du doigt pour son manque de dynamisme économique et des pratiques de corruption, l’exécutif sortant fait les frais d’une volonté présidentielle de restructuration profonde face à une conjoncture nationale jugée préoccupante.
Le Palais du Peuple à Malabo a été le théâtre, ce 16 juin, d’une séquence politique majeure. Réuni en session extraordinaire, le Conseil des ministres a officiellement acté la fin de mission de l’équipe dirigée par le Premier ministre Manuel Osa Nsue Nsuga. Une démission présentée comme un acte de responsabilité visant à faciliter le renouvellement de l’action gouvernementale.
Un constat d’échec sévère
Si la forme reste celle d’une transition institutionnelle classique, le fond, lui, est sans appel. Le président Obiang Nguema Mbasogo n’a pas mâché ses mots lors de la séance. Dressant un bilan au vitriol, le chef de l’État a fustigé l’atonie de son équipe face aux défis économiques du moment. Au rang des griefs : une gestion passive, une stagnation criarde dans l’exécution des projets de développement et, surtout, une corruption endémique.
Le président a déploré le détournement de ressources publiques à des fins d’enrichissement personnel, une pratique qui, selon lui, menace la crédibilité du Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE). « Le manque de dynamisme » dans la diversification économique, notamment agricole, a également été souligné comme un obstacle majeur à l’indépendance du pays face aux importations.
Vers une nouvelle ère ?
Le locataire du palais présidentiel a appelé les membres du gouvernement sortant à une introspection patriotique. Si certains pourraient être reconduits, le message adressé est limpide : le temps de l’ambiguïté et du laxisme est révolu. Le président Obiang exige désormais une compétence accrue et un engagement total au service de la nation.
Cette démission collective survient dans un contexte de changements symboliques forts pour le pays, marqués récemment par la visite du pape Léon XIV et la proclamation de La Paz comme nouvelle capitale. Alors que la nation s’interroge sur la composition de la prochaine équipe, une certitude demeure : le président équato-guinéen, en quête de nouveaux souffles pour son administration, a lancé une opération de rationalisation politique dont la suite déterminera la capacité du régime à répondre aux attentes sociales croissantes des populations.





