Le Syndicat national des enseignants du supérieur a lancé un mouvement de grève illimitée dans les 11 universités publiques du Cameroun. Entre impayés de la dette académique, primes de recherche bloquées et silence des autorités, les enseignants exigent des actes concrets pour amorcer cette nouvelle année.
Les amphithéâtres risquent de sonner creux en ce début de mois de septembre. Le Bureau national du Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes) a décidé de durcir le ton, plongeant les onze universités publiques du pays dans une crise ouverte.
Officiellement en grève depuis le 3 septembre dernier, le syndicat impose une « rentrée académique morte » jusqu’à satisfaction totale de ses revendications. Au cœur de cette fronde, trois griefs principaux exaspèrent le corps enseignant : l’absence de suite à la demande d’audience adressée au président de la République le 20 janvier 2025, le non-paiement généralisé de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche, et l’apurement en suspens de la dette académique.
Selon les confidences du bureau syndical, le gouvernement avait pourtant esquissé un plan de règlement étalé sur trois ans à compter de 2024. Cependant, seules trois universités ont perçu les fonds promis, laissant un arriéré estimé à environ 15,6 milliards de francs CFA. Le Synes dénonce par ailleurs le mépris et l’indifférence persistante de l’exécutif face aux impératifs du dialogue social, actant la dégradation profonde des relations de travail au sein du supérieur.
Si le spectre d’une grève larvée plane traditionnellement sur les campus en début d’année avant de s’essouffler aux premiers versements, la détermination affichée par le Synes met à l’épreuve la capacité de réaction du gouvernement. Reste à savoir si cette énième épreuve de force accouchera enfin d’une solution pérenne ou d’un énième compromis de façade.





