Cameroun : Coopté au Shadow Cabinet du SDF, maitre Félix Agbor Bala refuse l’offre !

L’avocat en droit humain refuse de siéger au sein du Shadow cabinet, l’instance décisionnelle suprême du Social democratic front (SDF).

Me Agbor Balla fait partie des personnes que le Chairman Ni John Fru Ndi a nommé lors de ces récentes nominations au sein du Shadow cabinet. Seulement, l’avocat-politicien a décliné sa nomination, préfèrant s’adonner exclusivement à la défense des droits de l’homme.

Retrouvez ci-dessous la correspondance de Me Agbor adressée au Chairman

Nkongho Felix Agbor (Balla)

CHRDA –Buea

18 juin 2022

Secrétariat national

Front social-démocrate (FDS)

Cameroun

 Objet: Ma nomination en tant que membre du cabinet fantôme du SDF

Monsieur,

Merci de me solliciter pour un poste au sein du cabinet « fantôme » de votre parti. Je me sens très honoré. J’ai appris cette nomination à mon arrivée au Cameroun en provenance des États-Unis d’Amérique où je viens de recevoir le Prix Robert F. Kennedy des droits de l’homme.

Quand je suis arrivé au Cameroun, j’étais empêtré dans l’élection du Conseil du Barreau et je n’ai pas pu vous rencontrer malgré de nombreuses tentatives par l’intermédiaire d’un tiers.

J’ai cependant le regret de vous informer que je ne suis pas en mesure d’accepter cette nomination.

L’histoire politique du Cameroun ne peut s’écrire sans une place particulière pour vous-même, votre parti le SDF et ses héros et héroïnes méconnus.

Même les améliorations mineures apportées à notre pratique démocratique en difficulté au cours des trois dernières décennies sont en grande partie attribuables au dynamisme et au leadership des SDF. Merci pour votre service.

Monsieur le président, les temps ont beaucoup changé depuis les années 1990.

Les nouveaux défis auxquels nos peuples sont confrontés exigent de nouvelles solutions et de nouvelles approches.

Lorsque des enseignants se sont joints aux avocats d’origine anglophone pour protester contre le statu quo, notre lutte pour le respect des droits des anglophones m’a injustement emmené en prison.

Depuis six ans maintenant, mon peuple, votre peuple, notre peuple subissent chaque jour de graves violations de ses droits de l’homme dans un conflit brutal que la politique partisane n’a pas réussi à éviter et qui s’est avéré jusqu’à présent incapable et peu disposé à résoudre.

Ma priorité actuelle est de promouvoir et de défendre les droits de l’homme de ces millions de victimes qui, autrement, sont écartées par la politique actuelle au Cameroun.

J’ai le devoir de rester objectif, impartial et pleinement engagé dans cette noble mission.

Je décline donc respectueusement cette nomination.

Ce pays, pour l’instant, a besoin de dirigeants capables de tendre la main à tous les Camerounais au-delà des lignes de parti pour travailler ensemble pour un avenir meilleur.

C’est la voie que j’ai choisi de suivre.

C’est un chemin qui a été façonné par le sang de notre peuple.

Je saisis cette occasion pour vous demander de continuer à élever la voix pour toutes les victimes de violations flagrantes des droits de l’homme au Cameroun.

Sincèrement

Nkongho Felix Agbor (Balla)

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