Dans cette analyse de l’observateur de l’espace politique et journaliste Bouba Kaele, la mise en place du poste de vice-président au Cameroun est un stratagème pour éviter l’alternance démocratique.
« On nous présente l’idée d’un vice président comme une modernisation des institutions. En réalité, c’est surtout un nouveau mécanisme pour permettre à la même caste dirigeante de s’accrocher au pouvoir. Pourtant, la Constitution est déjà très claire : En cas de vacance du pouvoir, le président du Sénat assure l’intérim. Et une élection présidentielle doit être organisée dans les 40 jours. C’est simple, transparent et surtout légitime, parce que le peuple reprend immédiatement la main. Alors pourquoi vouloir changer un système qui fonctionne ? Parce qu’un vice président, dans notre contexte, ce n’est pas un garant de stabilité. C’est un héritier désigné, choisi par le président lui même, qui permet d’éviter le passage obligé devant les urnes. On remplace une succession républicaine par une succession automatique. On verrouille la continuité d’un clan, pas celle de l’État. Le vrai problème est là : On ne renforce pas la démocratie, on la contourne. On ne protège pas les institutions, on protège une élite. On ne prépare pas l’avenir, on organise la survie d’un système. Le débat ne porte donc pas sur un poste. Il porte sur la volonté de confisquer la souveraineté populaire »





