Grand Recensement 2026 : Le gouvernement veut rassurer dans les zones en crise

Lancé officiellement le 24 avril dernier, le 4e Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), couplé au dénombrement agropastoral, se veut un tournant historique. Malgré le contexte sécuritaire complexe dans certaines régions, Yaoundé multiplie les assurances : entre escorte militaire sur le terrain et surveillance satellitaire, tout est mis en œuvre pour qu’aucun Camerounais, même en zone de crise, ne soit oublié par les statistiques.

Depuis le début de la semaine, le gouvernement camerounais est en offensive de communication. L’objectif ? Convaincre de la solidité du dispositif entourant le recensement national lancé le 24 avril 2026. Cette opération, qui doit s’étendre jusqu’au 29 mai, est présentée comme une priorité absolue pour sortir le pays d’un flou statistique qui dure, dans certains secteurs, depuis près d’un demi-siècle.

Zéro zone d’ombre : le pari de l’encadrement militaire

Face aux inquiétudes légitimes concernant le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, s’est voulu rassurant lors de son récent passage devant la presse. Tout en admettant l’existence de « zones où les problèmes de sécurité sont à prendre en compte », le porte-parole du gouvernement a détaillé une stratégie de fer.

« Il y a toute une organisation qui sera mise en place sous l’autorité des préfets et sous-préfets et les forces de maintien de l’ordre pour accompagner ceux qui seront chargés de faire les recensements », a-t-il affirmé avec fermeté.

Sur le terrain, cela se traduit par une présence discrète ou visible des forces de défense, garantissant l’intégrité physique des agents recenseurs et la libre circulation des formulaires numériques.

L’innovation technologique au secours du dénombrement

Pour les localités les plus enclavées ou jugées trop risquées pour un déploiement humain classique, l’État sort sa carte maîtresse : l’hybridation des données. Le Dr Esther Christelle Eyenga, cheffe du département des recensements au BUCREP, a levé le voile sur l’utilisation de la technologie de pointe pour pallier les entraves sécuritaires.

« Nous recensons sur la base des imageries satellitaires », explique-t-elle, précisant que des tests préalables dans des arrondissements à risque ont produit des résultats « assez satisfaisants ». Cette approche permet de cartographier les habitations et d’estimer les populations avec une marge d’erreur infime, là où le porte-à-porte traditionnel s’avérerait périlleux.

Une urgence de développement : « Adhérez ! »

Le gouvernement insiste : ce recensement est un outil de souveraineté économique. Pour le Dr Taïga, ministre de l’Élevage, l’adhésion populaire est le dernier rempart contre l’échec. Il appelle les populations à accueillir les agents pour que les chiffres finaux permettent enfin « au gouvernement de faire des planifications appropriées ».

Il faut dire que l’enjeu est de taille : si le dernier recensement démographique remonte à 2005, celui de l’agriculture n’avait pas été actualisé depuis 1984, et celui de l’élevage stagnait depuis 1976. En 2026, Yaoundé semble bien décidé à ne plus piloter le développement du pays à vue.

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