Succession à Etoudi : Samuel Eto’o, l’invité surprise de la course à la vice-présidence

Alors que le fauteuil de vice-président de la République reste au centre de toutes les supputations à Yaoundé, l’analyste David Eboutou a jeté un pavé dans la mare ce dimanche 3 mai 2026. En invoquant la « légitimité des cœurs », il propose l’icône du football Samuel Eto’o pour ce poste stratégique. Une hypothèse audacieuse qui se heurte toutefois au refus catégorique de l’intéressé, fidèle à Paul Biya.

Le débat sur la succession ou, du moins, sur l’architecture du pouvoir au sommet de l’État camerounais, vient de prendre une coloration inédite. Invité de l’émission dominicale Canal Presse sur l’antenne de Canal 2 International, l’observateur politique David Eboutou a esquissé un profil inattendu pour le futur vice-président. Pour lui, au-delà des calculs d’appareil, la popularité doit primer.

Selon l’analyste, le choix du Chef de l’État ne devrait pas se cantonner aux seuls couloirs feutrés de l’administration ou du RDPC. « Dans la désignation de ce vice-président, il faut prendre en compte ce qu’on peut appeler les légitimités (…) Il y a une autre légitimité qui est importante : c’est ce qu’on peut appeler la légitimité des cœurs », a martelé David Eboutou sur le plateau de l’émission.

Il appuie son argumentaire sur l’aura quasi mystique du président de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot) : « Les Camerounais aujourd’hui aiment qui ? Si vous faites un grand vox pop, ils adoubent qui ? (…) Est-ce que vous ne voyez pas un Samuel Eto’o par exemple ? »

Le « non » catégorique de l’icône

Pourtant, cette séduction médiatique se heurte à une réalité politique que Samuel Eto’o lui-même a pris soin de baliser. Si l’ancien capitaine des Lions Indomptables demeure un soutien inconditionnel du locataire d’Etoudi, il refuse de transformer son influence en mandat électoral ou en fonction ministérielle.

Interrogé par Christophe Boisbouvier sur RFI, l’ex-buteur de l’Inter Milan avait déjà douché les espoirs de ses partisans avec son franc-parler habituel : « Je ne peux pas me présenter à une élection. Où vais-je trouver des députés ? Je n’ai même pas de parti politique (…) Ma position est celle que j’ai toujours affichée : soutenir le Président Biya. »

Un leader sans appareil ?

Si Samuel Eto’o jouit d’une cote de popularité intacte, les chiffres rappellent la complexité du paysage institutionnel camerounais. Sans structure partisane ni assise parlementaire, une telle ascension relèverait de l’exceptionnel. Pour l’heure, le « Grand 9 » semble préférer le rectangle vert de la Fécafoot aux dorures du Palais.

À Yaoundé, si l’appel du pied de David Eboutou résonne comme une tentative de réconcilier le peuple avec ses dirigeants, Samuel Eto’o, lui, reste droit dans ses bottes : son influence sera citoyenne et footballistique, ou ne sera pas. La politique à Etoudi ? « Pas pour demain », assurent ses proches.

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