Vidéo torture de Martinez Zogo : Me Emmanuel Simh dénonce « l’horreur absolue »

Emmanuel Simh

La diffusion de la vidéo de la torture de Martinez Zogo au tribunal militaire de Yaoundé a suscité une vive indignation. Présent à l’audience, Me Emmanuel Simh a dénoncé « l’horreur absolue » d’une salle en larmes. En parallèle, l’expertise cybernétique du Pr Bell Bitjoka a révélé des messages et des connexions téléphoniques accablants entre les principaux accusés.  

L’affaire Martinez Zogo est entrée dans sa phase la plus critique au tribunal militaire de Yaoundé. L’irruption des preuves matérielles et technologiques a brutalement dépouillé les débats de toute abstraction, plaçant la cour face à la matérialité brute du crime.

Le choc des images dans la salle d’audience

Me Emmanuel Simh a décrit une assistance profondément éprouvée par la projection des sévices infligés à l’animateur de radio. Les images montrent la victime déshabillée dans la poussière, le corps ensanglanté, suppliant ses ravisseurs.

« J’ai vu une salle transie d’émoi, des femmes et des hommes en larmes, certains quittant la salle d’audience ou fermant les yeux », a témoigné l’avocat, rappelant que si « les juges diront le droit […] la justice de Dieu sera impitoyable ».

Cette séquence insoutenable a été extraite du téléphone de l’accusé Justin Danwe, ancien chef des opérations de la DGRE.

La rigueur des données cybernétiques

Au-delà de l’émotion, la preuve scientifique a pris le dessus avec le rapport de 1 000 pages du Pr Georges Bell Bitjoka. L’analyse de cinq terminaux mobiles a révélé des SMS explicites échangés par les suspects : « Il est mort, je crois qu’il est mort. Je suis inquiet », suivi de la réponse : « Ne vous inquiétez de rien, il n’y aura rien si vous ne dites rien ».

L’expertise cartographie également un réseau dense de communications entre Justin Danwe, l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga et l’ancien directeur général des impôts Modeste Mopa, autour de la « ligne 94 ».

Vers l’épreuve de la contradiction

Les audiences reprennent ce mardi 2 juin 2026 avec le contre-interrogatoire de l’expert par la défense et la partie civile. Face à ces données scientifiques et ces témoignages accablants, le tribunal militaire entre dans une phase purement technique où se joueront, de manière irréversible, les responsabilités pénales individuelles.

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