Le décès en détention de Souleymane Tobi, figure associée aux contestations post-électorales, relance les critiques contre les conditions de détention au Cameroun. Issa Tchiroma Bakary, qui se revendique président élu, dénonce une répression systématique et porte le dossier devant la justice internationale, invoquant le principe de compétence universelle face aux violations présumées des droits humains.
Le climat politique national s’alourdit à nouveau. L’annonce du décès de Souleymane Tobi, survenu dans des conditions que ses proches qualifient de préoccupantes, a suscité une vive réaction d’Issa Tchiroma Bakary. Pour le leader du FSNC, cette disparition n’est pas un fait isolé, mais le symptôme d’une gestion répressive de la crise née des dernières échéances électorales.
Entre dénonciation et bras de fer judiciaire
Dans un message empreint de gravité, Issa Tchiroma Bakary a rendu un hommage appuyé à celui qu’il décrit comme un « défenseur de la liberté ». Au-delà de l’aspect symbolique, le leader politique a profité de cette tribune pour dresser un réquisitoire sévère contre les conditions carcérales en vigueur. Il pointe du doigt le manque de soins médicaux, les restrictions sur les visites familiales et les privations alimentaires dont souffriraient les détenus politiques.
La riposte ne se limite toutefois pas au discours. Confirmant une escalade dans cette confrontation, Issa Tchiroma a annoncé avoir déposé deux plaintes à Paris contre le pouvoir en place à Yaoundé.
La carte de la compétence universelle
La stratégie déployée s’appuie sur le principe de la « compétence universelle », permettant aux juridictions étrangères de poursuivre les auteurs de crimes graves, indépendamment du lieu où ils ont été commis. Des procédures similaires seraient, selon ses dires, en cours dans plusieurs autres capitales occidentales.
Le leader du FSNC affirme que ces manœuvres judiciaires visent à préparer, à terme, un mécanisme de réparation pour toutes les victimes de la crise post-électorale. Si le gouvernement camerounais n’a pas encore réagi à ces nouvelles actions, cette internationalisation du contentieux politique marque un tournant délicat dans la gestion des tensions actuelles. L’avenir dira si ces procédures parviendront à infléchir la ligne de conduite des autorités, ou si elles ne feront qu’accentuer la fracture entre les différents acteurs de la scène politique nationale.





