Face à l’horreur du meurtre de la petite Sylvana, le prêtre catholique Georges Fabrice Ngono appelle à une introspection nationale. Il fustige les dérives des « marchands d’illusions » qui, sous couvert de foi, manipulent les consciences jusqu’au crime. Un plaidoyer ferme pour le discernement et la protection de l’enfance, alors que le débat sur les églises de réveil s’intensifie au Cameroun.
Le meurtre atroce d’une enfant de 10 ans au quartier Anguissa a glacé le sang de toute une nation. Si l’enquête judiciaire suit son cours, la dimension spirituelle de ce drame, liée aux déclarations de la suspecte, ne laisse personne indifférent. Pour l’Abbé Georges Fabrice Ngono, il est impératif de sortir du silence pour distinguer la foi authentique des pratiques criminelles. « Si un homme sous couvert de Dieu demande à ôter la vie, il a trahi Dieu, la loi et l’humanité », martèle-t-il.
Dans une mise au point sans concession, le religieux met en garde contre les « loups vêtus de bure ». Selon lui, ces « prédateurs spirituels » utilisent la peur et l’isolement pour asseoir une emprise totale sur les fidèles, transformant la religion en un instrument de soumission. « Se laisser duper, c’est trahir le don de l’intelligence que Dieu vous a donné », rappelle l’Abbé, soulignant que la véritable foi ne commande jamais le crime, mais appelle à la justice et à la miséricorde.
Le prêtre invite les Camerounais à une vigilance accrue et à un retour aux fondamentaux : le discernement par la raison, l’attachement aux textes sacrés et le rejet des gourous qui font commerce de l’âme.
L’appel est lancé. Au-delà de l’émotion légitime, cette tragédie doit désormais servir de catalyseur pour une réflexion profonde sur l’encadrement des pratiques religieuses au Cameroun. Pour l’Abbé Ngono, l’heure est à la responsabilité collective : dénoncer les charlatans pour mieux protéger les familles et restaurer la dignité de la foi.




