Affaire de l’activiste activiste Raymond Cota : Mise au point d’un avocat au Barreau de Paris

L’activiste Raymond Cota a été extradé de manière irrégulière du Gabon au Cameroun, où il risque d’être jugé par un tribunal militaire pour outrage contre le chef d’État et les institutions. Cette extradition selon l’avocat maitre Christian Timbane, constitue une violation du droit à la liberté d’expression. Le juriste argue que la liberté d’expression ne se limite pas à un langage respectueux et harmonieux, mais également inclut les discours audacieux et critiques. L’avocat inscrit au Barreau de Paris critique le régime de Paul Biya d’utiliser des lois pour faire taire les citoyens qui dénoncent les abus de son pouvoir.

Lire la mise au point de Maitre Christian Timbane:

LA LIBERTÉ D’EXPRESSION N’A PAS À AVOIR DE LIMITES DANS UNE DÉMOCRATIE !

Un jeune indigné contre le régime de Yaoundé, Raymond COTTA, camerounais, résidant au Gabon a été extradé irrégulièrement vers le Cameroun, un pays où il risque par exemple, d’être jugé par devant un Tribunal militaire, pour outrage contre le chef d’État, aux corps constitués, révolution… , un vocabulaire infractionnel digne des dictatures,désuet et devenu obsolète dans les régimes démocratiques du monde. Mais curieusement, et toujours d’actualité au Cameroun.

Et pour justifier cette honteuse dérive,de nombreux thuriféraires et soutiens du régime fortement oppressif et répressif , de Yaoundé,y voient la sanction méritée contre ce qu’ils qualifient de libertinage ou encore de manque de respect aux autorités et institutions.

Il apparaît dès lors, opportun de faire une mise au point sur le sens et le contenu réels de la notion de :  » LIBERTÉ D’EXPRESSION », certainement mal comprise au Cameroun.

La liberté d’expression est un droit reconnu aux citoyens des États démocratiques, qui leur permet de donner en toute indépendance d’esprit, leur opinion sur la marche du pays et de la société.

Elle prend plusieurs formes : paroles, écrits, gestes, manifestations pacifiques.

La liberté d’expression est donc un droit essentiellement politique conçue pour être une arme de régulation sociale et de contrôle citoyen des actions des pouvoirs politiques contre leurs méthodes oppressives et confiscatoires. Particulièrement dans les régimes dictatoriaux,tyranniques, hégémoniques, autocratiques, despotiques totalitaires…

Elle a dans son essence, et pour vocation de s’introduire ,de fouiner ,dans la hideur des dédales des régimes politiques, afin de les sortir de leur mentalité du droit de vie ou de mort sur les citoyens. Car comme le disait Montesquieu dans son célèbre ouvrage, L’Esprit des Lois :  » C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser », ou encore, Platon dans son dialogue Gorgias : » La plupart des hommes au pouvoir deviennent des méchants « .

C’est pourquoi, pour jouer pleinement son rôle, la liberté d’expression doit pouvoir heurter, choquer. Elle ne saurait donc avoir des limites encadrées par ces pouvoirs abusifs.Encore moins revêtir les convenances d’un langage conciliant, harmonieux, bienséant,pamphlétaire, caressant , »cool » à leur égard .

Taxer ainsi l’exercice de la liberté d’expression   de libertinage, lorsqu’un citoyen expose avec virulence, les abus des régimes totalitaires et liberticides , au nom d’un prétendu devoir de respect du aux autorités et institutions,relève simplement d’une volonté inavouée de cadenassement du contrôle citoyen de la gestion des pays par la parole, l’écrit et les manifestations pacifiques.

Pour mieux dire les choses, la liberté d’expression n’a pas à prendre des formes caressées lorsqu’elle veut s’affranchir des excès des pouvoirs politiques sur la vie des citoyens.Par souci d’équilibre,elle a le droit de les affronter, de les exposer,sans que ces derniers aient un quelconque droit de la faire taire, y compris par les lois pénales comme pratiqué au Cameroun. Car elles n’ont aucun droit de sanction contre la liberté d’expression.

Sauf lorsque cette dernière se camoufle elle- même dans la malveillance, à savoir les diffamations et dénonciations calomnieuses.

Christian Ntimbane Bomo

Société Civile des Reconciliateurs

Candidat déclaré à l’élection présidentielle.

Partager l'article:
Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire sur mobile

QR Code
Ne perdez plus rien, recevez le résumé de l'actualité quotidienne, directement dans votre courriel.

Vous êtes désormais inscrit à notre newsletter, merci de faire partie de notre auditoire!

Dans la même catégorie:

À peine un an après son inauguration, le fleuron industriel de Figuil, investi à hauteur de 50 milliards de FCFA, a suspendu ses activités. En

Après les inondations du 4 juin dernier qui ont paralysé le centre-ville de Yaoundé, la ministre de l’Habitat et du Développement urbain est montée au

Lors de l’ouverture de la session ordinaire du Sénat ce 9 juin 2026, le président de la chambre haute a exigé une réponse gouvernementale implacable

Après deux ans passés derrière les barreaux de la prison principale de Dschang, Christian Foulefack a recouvré la liberté. Ce mardi 9 juin 2026, le

En ouvrant la deuxième session parlementaire de l’année ce 9 juin 2026, le président de l’Assemblée nationale a imprimé une rupture majeure à la chambre

Le gouvernement camerounais monte au créneau. Suite à l’interception par les autorités françaises du pétrolier « Tagor » transportant du brut russe, le ministre des