Invité sur le plateau de CAM 10 Télévision, le journaliste et éditorialiste Jean De Dieu Ayissi a invité le ministre Alamine Ousmane Mey à faire preuve d’humilité envers les quatre journalistes récemment incarcérés dans l’affaire des « lunettes volées ». Une polémique qui continue de secouer la scène médiatique camerounaise.
La liberté de la presse au Cameroun fait face à une épreuve délicate. Alors que l’onde de choc provoquée par l’interpellation de quatre professionnels des médias commence à s’estomper, les appels à la raison et au dialogue républicain se multiplient.
Le dernier appel marquant est celui de Jean De Dieu Ayissi. Lors de son passage ce dimanche dans l’émission Le Grand Débat sur CAM 10 Télévision, l’éditorialiste s’est directement adressé à Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Il l’a exhorté à contacter avec humilité les quatre confrères concernés — François Essomba, Igor Gwet Bibey, Solange Djuikam et Pierre Mouchili — afin de régler ce différend « en famille », tout en rappelant la nécessité impérieuse de respecter le statut et la dignité des journalistes.
Pour mémoire, les faits remontent au 16 septembre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé. Soupçonnés d’avoir dérobé une paire de lunettes de valeur appartenant au membre du gouvernement, ces journalistes ont enduré près d’une semaine de garde à vue dans les commissariats de la capitale avant d’être relaxés le 21 septembre. Le rebondissement est survenu lorsque l’accessoire a été retrouvé par la suite… à l’intérieur même du véhicule ministériel.
Cette bévue policière et administrative a provoqué un tollé général au sein de la corporation et des syndicats, à l’instar du SPIC, qui ont dénoncé une détention arbitraire. Face au scandale, le ministre incriminé a publié une note affirmant son estime pour la profession et précisant n’avoir ni déposé plainte ni commandité ces interpellations. Dans une optique de décrispation institutionnelle, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a officiellement reçu les quatre journalistes victimes le 23 septembre 2026.
Au bout du compte, cet incident malheureux remet en lumière une exigence fondamentale : le respect des droits et de la considération dus à ceux qui exercent ce métier, un pilier incontournable de l’équilibre démocratique au Cameroun.





