Dans une sortie remarquée sur le plateau de l’émission Club d’Élites, l’analyste Dieudonné Essomba a qualifié l’assassinat de Martinez Zogo de manœuvre politique visant à déstabiliser le sommet de l’État. Selon lui, le procès en cours révèle une tentative de manipulation orchestrée pour pousser le chef de l’État à des décisions impulsives, désignant Jean-Pierre Amougou Belinga comme un « sacrifié » dans ce jeu d’influence.
L’affaire Martinez Zogo continue de susciter des lectures divergentes au sein de l’opinion publique. Alors que les audiences judiciaires se poursuivent, Dieudonné Essomba apporte un éclairage qui va à contre-courant des premières thèses. Pour l’analyste, le meurtre du journaliste n’est que la partie visible d’une lutte fratricide au sein de l’appareil d’État.
Pour Dieudonné Essomba, l’objectif des instigateurs de cette affaire était limpide : forcer la main du président Paul Biya. En multipliant les accusations et les scénarios macabres, les auteurs de la cabale auraient cherché à obtenir l’éviction immédiate de plusieurs personnalités influentes du gouvernement. « On nous a présenté un scénario avec des noms de hautes personnalités de ce pays. Si le président Biya avait été un président impulsif, il les aurait jetés hors du gouvernement », a-t-il affirmé sur le plateau de Vision 4.
Amougou Belinga, un « sacrifié » ?
Au cœur de cette analyse figure le rôle de Jean-Pierre Amougou Belinga. Loin de le présenter comme un coupable, Essomba le décrit comme une figure centrale d’un camp que l’on a cherché à abattre. « Amougou Belinga incarne un camp et à travers lui on attaque un autre camp. Il est un sacrifié », martèle l’analyste. Il dénonce ainsi une instrumentalisation de l’opinion, illustrée selon lui par la fausse rumeur persistante du meurtre perpétré dans les sous-sols de l’immeuble Ekang.
L’épreuve de la justice
Cette relecture des événements, qui pointe du doigt une guerre de clans plutôt qu’un simple fait divers criminel, illustre la complexité du climat politique actuel. Alors que le tribunal s’efforce de démêler le vrai du faux dans cette affaire tragique, les théories comme celles de Dieudonné Essomba rappellent que, dans le microcosme politique camerounais, chaque dossier judiciaire porte en lui une dimension stratégique qui dépasse largement le cadre strict du droit.
Le procès reste donc, plus que jamais, le théâtre d’une bataille de récits où le sort des prévenus semble indissociable des équilibres de pouvoir au sein de la République.





