Affaire Sino Mart : Le PDG et trois complices présumés aux mains de la justice pour torture

L’interpellation du PDG de l’enseigne Sino Mart, de trois autres dont son interprète et l’ouverture d’une enquête visant un militaire camerounais marquent un tournant dans l’affaire de violence au marché d’Elig-Edzoa. Accusés de traitements inhumains et dégradants sur le nommé Ombe Boya Arnaud LaPatience, les mis en cause sont désormais entre les mains de la justice camerounaise pour répondre de leurs actes.

Le calme habituel du marché d’Elig-Edzoa, à Yaoundé, a laissé place à l’indignation. Depuis le 2 mai 2026, une vidéo virale sur les réseaux sociaux expose une scène que l’on croyait révolue : un homme, identifié comme Ombe Boya Arnaud LaPatience, violemment fustigé au sein du supermarché Sino Mart. Les images montrent la victime subissant des sévices corporels sous le regard de plusieurs cadres de l’entreprise, certains filmant la scène avec une froideur déconcertante.

L’alerte, portée par l’opinion publique, a immédiatement suscité une réaction des forces de sécurité. Sur le terrain, les faits ont été confirmés. Ce qui n’était qu’une rumeur numérique est devenu une réalité judiciaire flagrante : un employé a été traité au mépris de toute dignité humaine.

Des arrestations en série et une enquête au sommet

La réponse des autorités ne s’est pas fait attendre. Le Groupement de gendarmerie territoriale de Yaoundé a procédé à l’interpellation de Yan Min, le PDG de nationalité chinoise, ainsi que de son interprète qui serait de nationalité tchadienne, Lizina Tairama Justin. Ce dernier, que l’on voit porter un vêtement rouge dans la vidéo, est accusé d’avoir assisté activement à la scène. Au total, quatre personnes liées à la structure, dont trois ressortissants chinois, ont été conduites en unité pour les besoins de l’enquête.

Le dossier prend par ailleurs une dimension institutionnelle délicate. L’auteur présumé des coups de fouet a été identifié comme étant Mickael Nguimetsia, un militaire en service de garde dans l’établissement. L’affaire est désormais suivie de près par le ministère de la Défense, tandis que le soldat fait l’objet d’investigations approfondies.

Désolidarisation et condamnation corporative

L’onde de choc a également atteint le milieu professionnel des traducteurs. Dans un communiqué publié le 3 mai, l’Association Camerounaise des Traducteurs et Interprètes de Langue Chinoise (ACTILC) a fermement condamné les agissements de Lizina Tairama Justin. En se désolidarisant de son membre, l’organisation rappelle que la mission d’interprète ne saurait s’affranchir de l’éthique et du respect des droits fondamentaux.

Au-delà des simples faits divers, cette affaire ravive le débat sur les conditions de travail dans certaines entreprises étrangères et le respect de la souveraineté juridique du Cameroun. Alors que l’enquête se poursuit sous l’égide de la compagnie de gendarmerie de Yaoundé 1, l’opinion publique attend désormais que la lumière soit faite et que les responsabilités, qu’elles soient civiles ou militaires, soient fermement établies. La justice, garante de la paix sociale, a ici l’occasion de réaffirmer que nul n’est au-dessus des lois sur le sol camerounais.

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