An 39 du Renouveau : Paul Biya déçu et trahi par les jeunes

Un fait est très loin d’échapper à certains observateurs pointilleux. Juste après les indépendances, le président Ahmadou Ahidjo forme un gouvernement restreint composé de jeunes technocrates de l’époque dont le plus âgé n’a certainement pas 40 ans. Le président Ahidjo leur demande de servir la Nation avec compétence et intégrité, dans un contexte de rareté des moyens. L’argent public est sacré. Les ministres et les responsables administratifs ne sont pas riches et ne vivent pas dans l’ostentation. Tout écart avec la fortune publique est sanctionné avec la plus grande énergie. C’est dans ce contexte qu’en 1982, âgé de 49 ans, le Premier ministre Paul Biya succède constitutionnellement au président Ahmadou Ahidjo et jure de ne pas faillir.

C’est-à-dire qu’il fera respecter le bien public comme son prédécesseur, dans le respect des lois et règlements de la République. Au cours de ses premières années de magistère, l’on enregistre très peu de scandales financiers. Les quelques rares connus sont : le scandale de la Scb avec Messi Messi, le scandale de la Cellucam avec René Owona et le scandale du Crédit agricole. Quelques années plus tard, lorsqu’on commence à parler de détournement au chef de l’Etat, il exige des preuves. Très impatients, beaucoup d’observateurs croient que c’est le règne de l’impunité qui est ainsi ouvert. C’est alors que Paul Biya, soucieux de laisser un pays démocratique et prospère à la postérité, fait confiance aux jeunes. Une jeunesse qui, malheureusement ne sera pas à la hauteur de la foi placée en elle.

Le cas le plus plausible, ce sont ces « quadras » incarnés par ce que l’on désigne à une certaine époque par G11 dont la tête de proue est le jeune Jean Marie Atangana Mebara, secrétaire général de la présidence de la République, promu par la suite ministre d’Etat. Seulement, les méthodes de travail de celui-ci, centrées sur l’enrichissement météorique et la conquête du pouvoir, vont déboucher sur une série de scandales retentissants. A l’instar de la fameuse affaire de l’acquisition de l’Albatros, cet avion, véritable cercueil volant qui a failli coûter la vie au chef de l’Etat et à sa famille. Face à la multiplication des scandales financiers, le président de la République ne peut rester indifférent. A maintes occasions, il promet aux corrompus qu’ils rendront gorge.

C’est l’avènement de la fameuse opération Epervier dont les victimes se comptent prioritairement parmi ces jeunes qui devaient accompagner le chef de l’Etat dans sa vision politique. Ainsi trahi dans ses choix par cette jeune élite montante, de nombreux analystes estiment que Paul Biya, toujours préoccupé par le développement de son pays, devrait aujourd’hui recruter au sein de la réserve de la République où il dispose encore d’anciens collaborateurs loyaux, compétents et intègres. Dans son dossier de la semaine, votre journal fait le procès du G11 et revient sur quelques uns de ses coups tordus.

La Nouvelle

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