Le Conseil Constitutionnel a tranché : l’audience concernant le recours du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) contre la prorogation du mandat des conseillers municipaux se tiendra le 17 juin prochain. Un test décisif pour la régulation institutionnelle au Cameroun, alors que le parti de Maurice Kamto dénonce une entorse grave à la Constitution.
Le suspense institutionnel touche à sa fin. Le Conseil Constitutionnel vient d’officialiser la date de l’audience relative au recours en régulation déposé le 3 juin dernier par le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC). Les débats se tiendront le mercredi 17 juin 2026, à 11 heures, au sein de la salle d’audience du Palais des Congrès de Yaoundé.
Au cœur de cette bataille juridique se trouve le décret présidentiel n° 2026/166 du 4 mai 2026. Ce texte prolonge, jusqu’au 28 février 2027, le mandat des conseillers municipaux initialement élus en février 2020. Pour les requérants, cette décision est frappée d’inconstitutionnalité. Le parti de Maurice Kamto soutient que cette prorogation entraîne, de facto, une situation de vacance de pouvoir dans l’ensemble des 360 communes du pays, tout en privant les citoyens de leur droit fondamental à un renouvellement régulier de leurs élus locaux.
Me Hippolyte Meli, membre du collectif d’avocats Sylvain Souop, a confirmé la réception de cette convocation, validée par le greffe de l’institution. Cette programmation respecte le délai constitutionnel de quinze jours imparti au Conseil pour examiner ce type de saisine, marquant une étape clé dans la procédure en cours.
Au-delà de la technique juridique, l’enjeu dépasse le simple cadre administratif. La question qui taraude désormais l’opinion publique est celle de l’indépendance de la haute juridiction. Le 17 juin, le Conseil Constitutionnel devra démontrer sa capacité à exercer pleinement ses fonctions de régulateur, telles que définies par l’article 46 de la Constitution, ou valider la posture adoptée par l’exécutif. Les yeux sont rivés sur le Palais des Congrès, où se jouera une séquence déterminante pour l’équilibre des pouvoirs au Cameroun.





