Dans la nuit de samedi à dimanche, la ville de Bertoua a été le théâtre d’un drame effroyable. Deux jeunes hommes soupçonnés de vols à l’arraché ont été rattrapés par une foule en furie et des conducteurs de mototaxis derrière la cathédrale Sainte-Famille, avant d’être lynchés puis brûlés vifs. Un nouvel acte de justice populaire qui relance le débat sur la sécurité urbaine.
La frontière entre la lutte contre la criminalité et la barbarie a une fois de plus volé en éclats ce week-end dans la cité du Soleil levant. La nuit du samedi 26 au dimanche 27 septembre 2026 s’est transformée en cauchemar derrière la Cathédrale Sainte-Famille de Bertoua, rappelant la fragilité du tissu sécuritaire local.
Une course-poursuite fatale
Selon les informations concordantes recueillies, les faits ont débuté tard dans la nuit, alors que les deux victimes présumées, âgées d’environ 30 ans, multipliait les vols à l’arraché dans différents secteurs de la ville. Repérés par des conducteurs de mototaxis, les suspects ont immédiatement été pris en chasse.
La course-poursuite s’est achevée en cul-de-sac derrière l’édifice religieux. Rapidement rejoints par des riverains excédés, les poursuivants ont neutralisé les fuyards. Malheureusement, la situation a basculé dans l’irréparable : pris à partie par la foule, les deux jeunes hommes ont subis un violent lynchage avant que leurs corps ne soient calcinés sur place. Au petit matin, seules les interventions des sapeurs-pompiers pour nettoyer les lieux attestaient de la violence de cette nuit tragique.
Un climat de tension récurrent
Cette affaire survient dans un contexte local déjà lourdement éprouvé par des affaires criminelles marquantes, à l’instar de la récente reconstitution de l’assassinat de Mme Philomène Dambaki, qui avait tenu l’opinion publique locale en haleine.
Si la récurrence de la petite délinquance exacerbe la colère des citoyens, la multiplication de ces exécutions extrajudiciaires pose un problème de fond. En s’affranchissant des institutions républicaines pour substituer la rue aux tribunaux, la communauté franchit une ligne rouge, rappelant aux pouvoirs publics la nécessité impérative de restaurer une réponse sécuritaire et judiciaire rapide, seule capable de canaliser la colère populaire.





