Culture, sport, économie et cohésion : le jeune groupement de treize villages s’est offert une semaine de communion autour de son premier festival.
Du 23 au 30 août 2026, Meyos Yendjock, dans la région du Sud, a été le cœur battant du groupement Bulu Est 1, à l’occasion de la première édition de son Festival culturel, sportif et économique. Au rendez-vous, de la ferveur, des couleurs, des chants, des tam-tams et surtout une volonté affichée de faire vivre l’identité d’un territoire naissant.
Une première qui n’avait rien d’une simple fête. Pour ce jeune groupement créé quinze mois plus tôt, l’événement se voulait à la fois une célébration du patrimoine, un espace de rapprochement entre les populations et les élites, mais aussi une vitrine des potentialités des treize villages qui composent désormais cette nouvelle entité traditionnelle.
Le pari d’un jeune groupement
À une vingtaine de kilomètres d’Ebolowa, Meyos Yendjock accueille le visiteur dans un écrin de verdure et de reliefs. Le village porte encore les traces d’une histoire profondément enracinée dans la tradition. Ici, les gardiens de la mémoire transmettent les récits et les valeurs hérités des générations précédentes. Et la nature elle-même participe à cette mémoire.
Le mont Ebalboum, l’un des cinq massifs rocheux qui entourent le village, domine le paysage. Un imposant rocher devenu au fil du temps l’un des marqueurs de l’identité locale. Mais Bulu Est 1 ne veut pas être seulement le gardien d’un passé. Le jeune groupement entend également être acteur de son présent et bâtisseur de son futur.

L’agriculture et le petit commerce constituent l’essentiel des activités économiques des populations. Dans cette dynamique, l’amélioration des voies de communication apparaît comme un enjeu majeur. À l’occasion du festival, une nouvelle route et un château d’eau d’une capacité de 3 000 litres ont ainsi été inaugurés, donnant une dimension concrète à cette volonté de développement.
Jacques Fame Ndongo, gardien de la nouvelle dynamique
Le coup d’envoi officiel du festival a été donné le 23 août, sous la présidence du Pr Jacques Fame Ndongo, Chef Supérieur de deuxième degré du groupement Bulu Est 1. Autour de l’autorité traditionnelle, les forces vives du groupement, les élites intérieures et extérieures, ainsi que les fils et filles des treize villages ont répondu présents. Parmi les personnalités mobilisées figurait notamment Jean Claide Eko’o Akouafane, symbole de cette implication des élites dans la vie de la communauté.
Dans son adresse, le Chef Supérieur a placé la jeunesse au cœur de la construction de cette nouvelle histoire. Un message particulièrement significatif pour un groupement qui cherche encore ses marques et entend transformer sa jeunesse en force motrice de son développement.
Treize villages, une même identité
De Nkolandom à Nkoevone, en passant par Djop, Nlayop et Mbako’o, les différentes composantes de Bulu Est 1 ont convergé vers Meyos Yendjock. Treize équipes ont pris part aux compétitions de football, avec une trentaine de rencontres disputées durant la semaine.
Mais au-delà du ballon rond, le festival a également accordé une place importante aux jeux traditionnels, aux danses et aux manifestations culturelles, permettant aux plus jeunes de renouer avec des pratiques qui constituent le socle de l’identité du groupement. Le sport aura ainsi servi de trait d’union entre les villages. Une manière de faire compétition sans perdre de vue l’essentiel : la fraternité et la cohésion.
Quand le football rassemble
Dès la première journée, le football a donné le ton. Après la rencontre féminine, le public a assisté au duel opposant Rocher de Meyos Yendjock à Entente de Nkoevone. La pluie, particulièrement généreuse, n’aura pas réussi à refroidir les ardeurs. Sur le terrain comme dans les tribunes, le public est resté mobilisé. Au terme d’une rencontre disputée, les deux formations se sont séparées sur un score de un but partout. Mais, c’est surtout en dehors de la pelouse que le football a livré son plus beau visage : celui d’une communauté qui se retrouve, chante, applaudit, se congratule et partage le même enthousiasme.
Cosmos de Ngalan 3, premier champion de l’histoire
Sept jours plus tard, le rideau est tombé sur cette première édition avec une finale à la hauteur de l’événement. Cosmos de Ngalan 3 affrontait Éclair de Mvan Esakoe. Dans une rencontre rendue difficile par les intempéries, aucune des deux équipes n’a réussi à prendre l’avantage.

Après le temps réglementaire, le tableau d’affichage indiquait toujours zéro but partout. Il a fallu recourir à la séance des tirs au but. À cet exercice, Cosmos de Ngalan 3 s’est montré le plus efficace et est entré dans l’histoire en devenant le premier vainqueur du tournoi de football du groupement Bulu Est 1. Une victoire accueillie avec enthousiasme par son capitaine, Mballa Ken, qui a pu soulever le premier trophée de cette nouvelle histoire sportive.
Jacques Fame Ndongo : gagner, mais surtout durer
Au moment de dresser le bilan, le Chef Supérieur du groupement a exprimé sa satisfaction tout en appelant les compétiteurs à inscrire leur participation dans la durée :
« C’est un sentiment de joie, de satisfaction et de fierté. Je tiens à féliciter Cosmos de Ngalan 3 ainsi que son adversaire qui n’a pas démérité, mais également toutes les équipes qui ont pris part à ce tournoi. »
Il va par la même occasion, invité les vainqueurs à ne pas se satisfaire de leur succès et les équipes battues à tirer les leçons de leur expérience :
« C’est bien beau de gagner aujourd’hui, encore faut-il se maintenir au sommet. Et pour ceux qui ont perdu, je demande de ne pas désespérer, de toujours aller de l’avant et de voir ce qui n’a pas marché. Peut-être la volonté, peut-être la combativité, peut-être l’intrépidité, mais la voie est ouverte. »
Une exhortation qui dépasse le seul cadre sportif et résonne comme une feuille de route pour l’ensemble du jeune groupement.
Une mobilisation saluée
Au terme des sept jours de festivités, la satisfaction était également perceptible au sein du comité d’organisation. Pour le Dr Nna Étienne Prosper, président du Comité d’organisation, cette première édition peut être créditée d’un bilan positif. La mobilisation des populations, des élites intérieures et extérieures et des différentes délégations aura permis de donner à l’événement l’ampleur souhaitée.

Tous ou presque étaient au rendez-vous pour l’apothéose du 30 août. Comme lors de l’ouverture, les fils et filles de Bulu Est 1 se sont retrouvés autour de leur patrimoine commun, faisant de la cérémonie de clôture un nouveau moment de communion.
Au-delà de la fête, les ambitions
Médailles, trophées et encouragements ont marqué la cérémonie de clôture. Dans un geste hautement symbolique, une chaise traditionnelle et un tam-tam ont été offerts au Chef Supérieur du groupement. Deux objets qui prennent ici une dimension particulière : la chaise comme symbole d’autorité et de transmission, le tam-tam comme instrument de rassemblement et de communication.
Ainsi s’est achevée, le 30 août 2026 à Meyos Yendjock, la toute première édition du Festival culturel, sportif et économique de Bulu Est 1. Une semaine durant, le nouveau groupement aura démontré qu’il possède déjà les ressorts d’une communauté capable de se mobiliser autour d’un projet commun. Treize villages, une histoire à construire, des traditions à préserver et des ambitions à nourrir.
Derrière les médailles et les trophées, derrière les chants et les danses, Bulu Est 1 vient surtout de poser un premier jalon. Celui d’un territoire traditionnel jeune, mais déterminé à faire de son identité culturelle, de sa jeunesse, de ses ressources et de la mobilisation de ses élites les leviers de son développement. À Meyos Yendjock, le premier festival s’est achevé. Pour Bulu Est 1, l’histoire, elle, ne fait que commencer.





